Vincent-Ferrier (Raphael) DENIS – 1888-1954

Protestantisme en Poitou.
« Notre ‘Ouest-Chine’ est un triste pays: ‘Il n’y a rien à faire’ est une
phrase peu apostolique peut-être et maintes fois
réfutée comme fausse puisque ici tous, nous la disons et répétons entre
confrères et que l’erreur universelle et absolue est anti-philosophique!
Nous nous berçons non pas d’illusion: nous savons bien qu’humainement
parlant, il ne peut nous être donné la joie de voir les fruits de nos
labeurs. On accepte d’être la première pierre de fondation du pont pour
servir aux autres de passage comme vous le disiez jadis aux étudiants de
Louvain. Nous desservons 7 paroisses. Dans toutes celles- ci, la majeure
partie de la population est protestante. Les mariages catholiques sont
rares et dans les mixtes le conjoint protestant l’emporte à
999. Pourriez-vous me dire s’il faut prononcer la formule sacramentelle? Je
lis avec grand intérêt les renseignements sur le protestantisme dans la
D.C.. Toutefois il s’agit des protestants anglais. Nos protestants n’en
dépendent pas. Comment les nôtres sont- ils organisés? Les pasteurs
reçoivent-ils une investiture quelconque’?… ».
P. Vincent-Ferrier.

Vincent-Ferrier (Raphael) DENIS

1888-1954

Religieux de la Province de Bordeaux.

Une vocation tardive.

Raphael Denis est né à Bignan (Morbihan) le 4 février 1888, d’une famille de 9 enfants dont trois sont devenus religieux. Après ses études primaires (1895- 1904), il obtient le certificat agricole. Il se présente à 17 ans à la maison des vocations tardives de Sart-les- Moines (Belgique) en septembre 1905. Le 15 août 1909, il prend l’habit religieux à Gempe, sous le nom de Frère Vincent-Ferrier. Il y prononce ses premiers vœux le 16 août 1910 et est admis à la profession perpétuelle le 15 août 1911: « Le Frère Vincent- Ferrier est extrêmement timide. En rendement de compte il ne dit presque rien, il faut tout lui faire dire, mais il a de réelles qualités de sérieux de ténacité et de dévouement. Pour le côté intellectuel, il y a des difficultés à prévoir: intelligence lente à concevoir, mémoire très dure, peu d’imagination, mais en revanche beaucoup de jugement et de bon sens ». Sans interruption, le Frère Vincent-Ferrier poursuit le cycle des études ecclésiastiques à Louvain de 1911 à 1918, malgré la guerre, malgré les privations. Ordonné prêtre le 19 mai 1917, il est affecté à l’enseignement dans les alumnats: Zepperen (1918- 1920),, Arras (1920-1924). Après l’organisation de l’Assomption en 4 Provinces, il fait un stage de trois ans dans les paroisses du Mellois (1924-1927), puis il revient dans l’enseignement, au collège Saint-Caprais en Agen (1927-1929) et à l’alumnat de Saint-Maur (1929-1930). A partir de 1930, à part deux courtes présences à Blou (Maine-et-Loire, 1938, 1946), l’activité principale du P. Vincent-Ferrier se déploie dans l’apostolat paroissial et les aumôneries où il excelle: La Rochelle/Laieu (1930-1932), Monsempron-Libos (1932-1937), Angoulème/Soyaux (1938-1945). Il termine sa vie apostolique comme aumônier dans deux hospices

tenus par les Petites-Sœurs des Pauvres à La Rochelle/Tasdon (1946-1952) et à Longue (Maine-et-Loire).

Personnalité humaine et spirituelle.

Dans les différents postes où il est nommé, le Père Vincent-Ferrier se montre un religieux animé par un grand esprit surnaturel, très consciencieux, sans retour sur lui-même et sans prétention. C’est un homme simple qui aime aller droit. Déjà dans l’enseignement qui occupe une part de sa vie apostolique, il se signale par cette application à donner le meilleur de lui- même, en préparant soigneusement ses cours. Il est vrai que cela ne lui assure pas nécessairement le succès. S’il réussit mieux dans l’apostolat paroissial, ce n’est pas par des dons d’éloquence, mais par la qualité de son service spirituel: zèle pour le salut des âmes, désir de leur conversion et soin de leur instruction. Dans les relations privées, on sent la chaleur de sa bonté et sa joie à semer la confiance, par une jovialité de bon aloi et une simplicité de contact qui met tout de suite à l’aise ses interlocuteurs et ses visiteurs. En communauté, le Père Vincent-Ferrier se montre un charmant compagnon de vie. On peut se permettre de le taquiner gentiment et surtout on peut toujours faire appel à son esprit de service, car il est sans limite.

La fatigue des jours.

En 1952, devant des signes de fatigue et même d’abattement prolongé, il est jugé préférable de lui donner la charge plus restreinte de l’hospice de Longué. Il y puise et y transmet une grande sérénité qui se reflète même sur sa physionomie. C’est là qu’il meurt le mardi 6 avril 1954, le lendemain de la fête de son saint patron. Depuis la mort en novembre 1953 de son frère prêtre, aumônier à Chantilly, le P. Vincent-Ferrier, très impressionné, éprouvait unchangement dans sa santé. Ayant consulté sur sa demande le médecin traitant le matin même de son décès, il est découvert sans vie dans sa chambre. Les obsèques ont lieu à Blou le jeudi 8 avril. Il y repose, à la chapelle mortuaire, aux côtés des PP. Avit Chapuis et José Moreau.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1955, p. 107. Lettre à la Famille 1954, n° 168, p. 51-52. A Travers la Province (Bordeaux), 1954, n° 21 p. 1-2. Lettre du P. Vincent-Ferrier Denis au P. Merklen, Exoudun, 28 mai 1925. Correspondances (1919-1928) et rapports de Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne) de 1932 à 1934. Notices Biographiques