Vladimir (Alexandre) MALFATTI – 1882-1959

Dernier voyage.
« Destiné à la maison de Lorgues pour soigner un cancer au poumon, le P.
Malfatti, religieux de la maison de Florence, est décédé à la maison de
Cannero le 4 août, où il venait d’arriver, le 29 juillet, pour prendre un
peu de repos. De Florence, le voyage s’est fait en compagnie du Frère Jules
Pector et du Frère Géraid Roy. Le samedi le P. Malfatti a eu
la joie de recevoir la visite de son neveu, Giovanni Malfatti, architecte à
Milan, ancien élève du collège de Plovdiv, qu’il avait marié l’an dernier.
Le dimanche, il eut de la peine à terminer la messe. Dans la nuit du
dimanche au lundi, le
P. Francesco Carabellese est réveillé par le Père demandant à se confesser
et à être dispensé d’office. La journée se passa avec difficulté. Le 4 août
au matin, le P. Angelo Manzolini et le P. Félix Michel, de passage, s’en
allèrent vers les camps des collégiens de Bône établis avec le P.
André-Bernard Gossein, l’un au village de Cannero et un autre à Oggiogno.
Le P. Francesca, resté seul, monta dans la chambre du P. Alexandre qu’il
trouva inanimé, le corps encore chaud. Le curé de Cannero vint sur le champ
en vespa et administra l’Extrême- Onction ». Notes du P. Félix Michel, août
1959.

Religieux italo-bulgare de la Province de Lyon.

Un destin mouvementé.

D’origine italienne, Alexandre Malfatti est né à Bresovo, près de Philippopoli en Bulgarie, le 9 mars 1882. Après sept ans d’études à l’alumnat slave de Karagatch (Andrinople) qui lui donnent la maîtrise des langues italienne, bulgare, française sans compter les langues anciennes, de 1896 à 1903, il prend l’habit le 18 octobre 1903 à Louvain, sous le nom de Vladimir qu’il changera plus tard en reprenant son prénom d’Alexandre. Profès annuel le 18 octobre 1904, profès perpétuel le 18 octobre 1905, il fait ses études philosophiques et théologiques à Rome (1905-1911) au terme desquelles il est ordonné prêtre le Il juin 1911 à Saint-Jean de Latran. Pendant près de vingt ans, il est affecté à l’enseignement et au ministère paroissial dans les maisons d’Orient Andrinople- Karagatch (19111913), collège Saint-Augustin de Philippopoli (1913-1915), Sliven (1915-1920), Varna (1920) et enfin Beius en Roumanie. En 1929, on lui confie la direction du premier alumnat italien à Castelgandolfo qu’il suit trois ans plus tard à Florence. De nombreuses difficultés avec le supérieur local, le P. Férréol, déclenchent une véritable crise chez le P. Alexandre, tenté par une autre voie. En 1934, après un bref essai infructueux de vie à la Trappe, il entre chez les Augustins, tentative également décourageante, et, finalement, il revient à l’ Assomption en 1954, après vingt ans de semi-errance. Le P. Alexandre a souffert d’une véritable maladie de persécution, alternant avec des phases de réconciliation. Cette période de sa vie est marquée par une grande souffrance. Attaché pendant trois ans à la chapelle de Menton-Carnolès (Alpes-Maritimes), il retrouve en 1957 la ville et la communauté de Florence qui va être sa dernière résidence. Il s’y occupe, dit son supérieur le P. Tite Giraudo,

de l’église Sainte-Madeleine-de-Pazzi, où, concurremment avec le P. Christea, il confesse les fidèles à ses heures de garde; il y ajoute la chapellenie des Soeurs Oblates via Borgo Finti, confessant les fillettes de leur petit alumnat, confessant encore les Sœurs de Nevers et les Auxillatrices du Purgatoire. Puis, la santé du P. Alexandre va déclinant nettement. De brusques variations de température avec inappétences et insomnies accompagnées d’une sourde douleur au côté gauche. Il faut se résoudre à mettre le P. Alexandre en semi-repos. Malgré ces précautions, son état va empirant. Une radioscopie révèle la véritable nature de son mal. il s’agit d’un cancer au poumon avec trois foyers assez volumineux à la base de la partie gauche. On décide alors de le convoyer sur Lorgues (Alpes-Maritimes), maison de repos spécialisée pour le soin des Pères malades et âgés.

Quand vient le soir.

Le malade qui s’illusionne sur son état de santé, préfère prendre un temps de repos provisoire à Cannero, sur les bords du lac Majeur. C’est là qu’il meurt rapidement, le 4 août 1959. Ses funérailles sont organisées le 5 août. Le P. Antonino Corpacci qui a été à Castelgandolfo le cofondateur de l’école apostolique avec le P. Alexandre, chante la messe de Requiem. Le soir, vers 16 heures, se déroule la conduite au cimetière de Cannero-Riviera, site choisi par la famille du P. Malfatti habitant Milan et ses environs. Le convoi s’arrête encore à l’église du village où a lieu une dernière absoute selon le rite ambrosien. Plusieurs religieux en cette période des vacances peuvent représenter les communautés religieuses: le P. Quirino, le P. Félix Michel de passage, le P. Angelo Manzolini, les Frères Robert Garcenot, représentant la maison de Florence, et Carlo Visconti. Des curés des environs tiennent à accompagner ce religieux à sa dernière demeure: les prêtres de Cannero, de Cannobbio, de Trarego, de Viggiona et le vicaire de Cannobio. A la fin de sa vie, le P. Alexandre est plutôt perçu comme un religieux effacé, de caractère toujours un peu ombrageux, mais très dévoué à ses obligations de chapelle et d’aumônerie.

Bibliographies

Bibliographie et documentation. B.O.A. juin 1960, P. 97. Rhin-Guinée, 1959, n° 15. Lettre à la Famille, 1959, n° 276, P. 258-259. Dans les ACR, du P. Vladimir-Alexandre malfatti, correspondances (1907-1952).