Wilelmus (Jacques-Henri) ROBAT – 1874-1932

Pénitences.
« Les pénitences du Frère Wilhelmus étaient admirables et comme les vrais
humbles, il cherchait à cacher ses austérités par sa joie et sa bonne
humeur. Mais qui n’a pas entendu le bruit étrange
des coups de discipline garnies de plomb et de pointes? Qui n’a pas
contemplé ces disciplines rougies par le sang qu’elles faisaient jaillir?
Et que dire de son lit? La paillasse lui semblait une couche trop molle, ce
n’est qu’à la veille de sa mort qu’il consentit à la reprendre à la place
des planches qui lui avaient servi
de matelas jusque-là. Il ne mettait pas moins d’austérité à se vêtir, été
comme hiver, il marchait pieds nus, fait que nous n’avons constaté qu’au
moment de l’ensevelir, quand nous cherchions en vain des bas pour couvrir
ses pieds. Et combien étaient sévères ses Carêmes! Un repas lui suffisait
par jour, et quel
repas, grand Dieu, un peu de pain sec et un verre d’eau! Lorsqu’à midi la
communauté se rendait au réfectoire, on voyait le Frère Wilheimus se
glisser furtivement à la chapelle et y rester jusqu’à la fin du repas. Il
accomplissait vraiment en lui le Castigo corpus meum et in servitutem
redigo de saint Paul ». L’Alumniste, 1932.

Notices Biographiques A.A

Religieux hollandais de la Province de Belgique- Hollande. Une vocation persistante. Jacobus-Henrikus-Dignus Robat est né le 16 septembre 1874 à Oud-Beijerland, aux Pays-Bas, diocèse de Haarlem. On lui connaît plusieurs adresses en Hollande méridionale durant sa jeunesse, Roosendael, Rotterdam. Parvenu à l’âge adulte, il gagne sa vie comme secrétaire de bureau. Une affection du nez rend son voisinage désagréable et l’oblige à quitter son emploi. Plusieurs fois favorisé par la chance, il doit sans cesse se retirer à cause de ce handicap. Ne sachant que devenir, voyant les portes se fermer devant lui et ne voulant pas être à charge pour les siens, il se fait marin. Sans doute a-t-il mené une vie rude à bord, lui ôtant goût et loisir pour admirer les paysages de la nature et des ports traversés. Il prend alors la décision de changer de vie et de se consacrer à Dieu. Il se présente d’abord comme postulant dans une abbaye trappiste avant de frapper à la porte de l’Assomption, une première fois à Louvain en 1912. Cet essai n’est pas concluant. Il fait une deuxième demande, le 14 décembre 1914, à Urmond, embryon d’alumnat qui est transféré pendant la première guerre mondiale à Boxtel où on le connaît sous le nom de Frère Dominique. Après la guerre, comme quelques doutes subsistent sur la validité de son temps de noviciat qui fut, il est vrai, plus occupé par les travaux de la ferme qu’à la formation religieuse, il recommence son noviciat à Boxtel en prenant l’habit le 9 novembre 1919, sous le nom de Frère Wilhelmus. Il peut enfin prononcer ses premiers vœux le 21 novembre 1922, présenté par le P. Savinien Dewaele, maître des novices: « Le Frère Wilhelmus est libre de toute obligation de famille et de tout service militaire. Ses parents sont morts, ses frères et sœurs n’ont pas besoin de lui. A.A Une de ses sœurs est religieuse dominicaine. Le Frère a fait un postulat extraordinaire. Cela tient à certaines de ses infirmités corporelles. E a eu aussi à Louvain des crises cardiaques qui lui faisaient perdre connaissance. Ce mal est guéri comme la pneumonie dont il a été à plusieurs reprises victime. A cause de sa petite santé, il ne peut se livrer qu’à des travaux d’intérieur. LI est portier et bricole toujours à droite ou à gauche, mais il n’est jamais inoccupé ». Le 21 novembre 1925, il prononce ses vœux perpétuels. Bien qu’encore relativement jeune, il semble déjà âgé. Les épaules quelques peu voûtées, la taille courbée, il a la parole facile et trouve la source d’expressions pittoresques qui amusent l’entourage. Sa voix est rocailleuse, son accent particulièrement prononcé. Seuls les habitués comprennent bien ce qu’il veut dire. Le Frère Wilhelmus mène à Boxtel d’abord (1918-1923), puis à Zepperen (1923-1932) une vie à la fois humble et cachée, donnant toujours l’exemple du travail, de la vie fraternelle et de la fidélité à ses devoirs religieux. On lui connaît aussi quelques idées originales. Levé toujours très tôt le matin, il passe de longs moments à la chapelle. De même le soir il reste longtemps agenouillé sur les dalles froides et nues. Très pieux, il vit continuellement dans une atmosphère et une attitude de prière, comme si sa vie était un commerce continu avec Dieu et les saints pour lesquels il ne manque pas de dévotion. Sa cellule est encombrée de statuettes, les murs placardés de prières composées ou retranscrites, encadrées ou décorées par des chapelets. Il se livre même avec quelque excès à des pratiques de mortification. Toujours actif du côté de la cuisine et de la basse-cour, il profite de son voisinage auprès des alumnistes pour glisser des prières dans leurs livres pour les stimuler. Un mois avant sa mort, il participe à un enterrement à Ordange. Sans doute prend-il froid et il doit s’aliter. Le médecin croit à une fatigue passagère et à une bronchite chronique. Le Frère Wilhelmus meurt à Zepperen,le 8 juin 1932, à l’âge de 58 ans, juste après une visite médicale qui concluait son état rétabli. Son corps repose à Zepperen.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Lettre à la Dispersion, 1932, n° 446, p. 193-195. Notice biographique par le P. Marie-Alexis Gaudefroy. Assumptie, 1932, n° 53, p. 90-93. L’Alumniste (bulletin de l’alumnat Saint-Louis de Zepperen), 1932, n° 56, p. 107-109. Notices Biographiques