Xavier (Frans-Hyacinthe-J.-G.) SACOTTE – 1933-1977

Le vocabulaire de Dieu.
« Dieu parle avec une extrême douceur aux enfants et ce qu’il a à leur
dire, il le leur dit souvent sans Paroles. La création lui fournit le
vocabulaire dont il a besoin, les feuilles, les nuages, l’eau
qui coule, une tache de lumière. C’est le langage secret qui ne s’apprend
pas dans les livres et que les enfants connaissent bien. A cause de cela,
on les voit s’arrêter tout à coup au milieu de leurs occupations. On dit
alors qu’ils sont distraits ou rêveurs. L’éducation corrige tout cela en
nous le faisant désapprendre. On peut comparer les enfants à un
vaste peuple qui aurait reçu un secret incommunicable et qui peu à peu
l’oublie, sa destinée ayant été prise en main par des nations prétendues
civilisées. Tel homme chargé d’honneurs ridicules meurt écrasé sous le
poids des jours et la tête pleine d’un savoir futile, ayant oublié
l’essentiel dont il avait
l’intuition à l’âge de cinq ans. Pour ma part, j’ai su ce que savent les
enfants et tous les raisonnements du monde n’ont pu m’arracher complètement
ce quelque chose d’inexprimable. Les mots ne peuvent le décrire. Il se
cache sous le seuil du langage, et sur cette terre il reste muet ». Julien
Green.

Notices Biographiques A.A

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Vie religieuse. Frans-Hyacinthe-Joseph-Ghislain Sacotte est né le 2 juin 1933 à Meux, en Belgique, dans le diocèse de Namur. Il est baptisé deux jours plus tard, le 4 juin. Il fait le premier cycle des études secondaires à l’alumnat de Bure (1946-1949). Il entre au noviciat de Taintegnies, le 18 mars 1950, comme Frère coadjuteur. Il y fait sa profession, le 29 septembre 1951, sous le nom de Frère Xavier. Le P. Stéphane Lowet, le maître des novices, rend compte de son évolution: « L’impression générale sur le Frère Xavier est bonne. Il a été retardé de six mois à la profession, cet ajournement est dû à un manque de maturité et de sincérité. L’épreuve a été heureuse et féconde ». Sa seconde profession annuelle se déroule à Stabroeck. Du ler août 1952 au 28 avril 1953, le Frère Xavier accomplit un temps de service militaire. A partir de 1954, il est affecté au service de la communauté et du collège de Gosselies, comme portier, infirmier et homme d’entretien. Le Frère Xavier a un contact facile avec les familles et les élèves. Il aime jouer des farces et surprendre des confrères plus naïfs ou crédules. Son dévouement est très apprécié pour le soin des malades. Il est présenté aux vœux perpétuels en 1955, mais les supérieurs lui demandent d’attendre encore une année. La cérémonie se déroule à Gosselies le 29 septembre 1956. Le Frère Xavier meurt prématurément dans sa 45ème année, le 19 octobre 1977, à Gosselies. Il est inhumé dans le cimetière de son pays natal, à Meux, le 22 octobre 1977. Gosselies a formé l’univers ou le cadre de toute sa vie religieuse active. Evocations de la vie à Gosselies. La statue du P. d’Alzon qui a été bénite et inaugurée au prieuré Saint-Michel de Sart-les-Moines en 1928, A.A est passée en 1955 au collège Saint-Michel de Gosselles (1). En effet, le prieuré de Sart-les- Moines, relevé en 1903 par des Assomptionnistes français chassés de leur pays à partir de 1900, a été lui-même en partie exproprié en raison des travaux pour la construction du canal Charleroi-Bruxelles. Les religieux et l’œuvre de formation délogés ont trouvé abri dans la propriété Drion du Chapois à Gosselles (vers 1952), une splendide propriété de plusieurs hectares qui reprend le nom de Saint-Michel, base d’un collège destiné aux jeunes gens désireux d’un projet de vocation et d’une formation plutôt classique. Pour la cérémonie d’inauguration de la statue du P. d’Alzon, présidée par le P. Stéphane Lowet, supérieur Provincial de Belgique, on a été heureux de faire appel à Mgr Piérard, présent en Belgique à cette date, et au P. Ghislain Cravatte, professeur à Bure, qui a clos les festivités avec un discours bien senti sur le Fondateur et son idéal d’éducation. En 1957, les démarches sont faites auprès des autorités académiques pour l’homologation: des inspecteurs d’Etat viennent examiner le niveau et le régime général des cours donnés, notamment de néerlandais, des mathématiques et des sciences, pour en évaluer le niveau. À la suite d’un nouvel examen en juin 1957, satisfaction est obtenue en date du mois de janvier 1959, autorisant des versements financiers importants de la part de l’Etat. En mars 1958, le P. Wilfrid Dufault donne le feu vert pour de nouvelles constructions à Gosselies, notamment d’un pavillon regroupant des salles de classes, d’études, des dortoirs et des locaux de sports. Le collège se donne ainsi les moyens d’une parité avec les établissements secondaires de l’Etat. Le P. Lafontaine est le promoteur de cette politique audacieuse et prévoyante. Renseignements pris dans les Lettres à la Famille, années 1955-1962, passim. (1) Le collège Saint-Michel de Gosselies a publié notamment dans les années soixante une revue intitulée Famille, collège et institut. Les articles sont dus aux meilleurs pédagogues belges jésuites. A partir de 1969, le titre change pour devenir celui de Relais.

Bibliographies

Bibliographie et documentation- Documents Assomption, Nécrologe (I) 1975-1980, p. 49. Belgique-Sud Assomption, novembre 1977. Le Vocabulaire de Dieu, les enfants et la nature de Julien Green, dans Partir avant le jour, d’après Famille, collège et institut, revue du collège Saint-Mi- chel, Gosselies, 1963-1964, n° 3, p. 92. Notices Biographiques