Yves-Clément (Emile) COAT – 1913-1985

Une vie dans la grandeur et la beauté.
«Je n’aurai pas encore dit le meilleur tant que je n’aurai pas identifié le
fil conducteur qui inspire 1’unité profonde de la personne et de la vie du
P. Yves. Depuis 1932, il est religieux, depuis 1939 prêtre. Religieux, il a
dit oui à l’appel du Christ qui l’invite à le
suivre dans la famille des Assomptionnistes, fils du P. d’Alzon. Prêtre, il
dit oui à l’appel du Christ en recevant l’imposition des mains pour le
sacerdoce. Par leurs vœux, les religieux invitent à trouver ces nouveaux
modes de vie qui, seuls, sauveront un monde par trop d’aspects à la dérive:
la Pauvreté qui donne l’âme de toute gestion des biens, l’Obéissance qui
apprend la liberté du rapport à soi même, la Chasteté qui révèle la vérité
de la relation à autrui. La vie religieuse n’est pas une ferveur qui a fait
son temps. C’est une nécessité pour tous les temps. Quelques-uns vivent
l’Absolu de Dieu jusque dans leur chair, pour que toute chair soit sauvée
et voie Dieu. Devant ce cercueil, je pose la question: Qui va relever le
défi de la vie consacrée ? Yves nous dit: on peut être accompli et heureux
dans la vie religieuse et le sacerdoce ».
P. V. Hémon.

Religieux de la Province de France.

Une allure d’homme généreux et fidèle.

Emile naît le 14 septembre 1913 à Plouneventer (Finistère), dans une famille nombreuse et très chrétienne. Il passe par les alumnats de Saint- Maur (Maine-et-Loire) de 1923 à 1929 et de Melle (Deux-Sèvres) de 1929 à 1931. C’est à Nozeroy (Jura) qu’il prend l’habit le 4 octobre 1931 sous le nom de Frère Yves-Clément et devient profès le 3 octobre 1932, après une année conduite par le P. Gausbert Broha, maître des novices. Le P. Séraphin Protin, provincial de Bordeaux, note que « ce qui frappe chez le Frère, c’est sa physionomie ouverte, communicative et le désir du bien. La vie lui mettra du réalisme progressivement, ancrant pour lui la grâce des vœux ». Il accomplit une année d’études complémentaire, puis deux années de philosophie à Scy-Chazelles (Moselle) de 1932 à 1935 et part satisfaire aux obligations militaires (septembre 1935- septembre 1936). Il commence alors sa théologie à Lormoy (Essonne) où il prononce ses vœux perpétuels le 31 octobre 1937. Il est ordonné prêtre le 24 décembre 1939 en l’ église des Blancs-Manteaux à Paris. Mais la guerre vient perturber le cours de sa formation: mobilisation suivie d’une longue captivité en Allemagne jusqu’en 1945. Il peut achever sa théologie de 1945 à 1949.

Enseignement et ministère paroissial.

Le ministère du P. Yves commence dans l’enseignement: il est d’abord professeur à l’alumnat de Notre-Dame à Cahuzac (Gers), puis préfet de discipline au collège Saint-Caprais d’Agen de 1948 à 1953. Il passe ensuite dans le service pastoral: vicaire à La Rochelle-Genette en Charente-Maritime (1953-1956), vicaire à Notre-Dame de Salut de Bordeaux-Caudéran en Gironde (1956-1965).

Il est nommé supérieur à l’orphelinat de Kerbernès en Bretagne (1965-1970): « Frères et Pères de Kerbernès, dans l’esprit du Concile, désirent ardemment réaliser ‘Eecce quam bonum’ et inculquer aux 64 élèves du Centre l’amour de ‘Eglise et la nécessité de faire passer dans leur vie le message qui leur a été spécialement adressé le jour de la clôture du Concile », écrit le P. Yves au P. Guillemin, supérieur provincial de Bordeaux, le 22 décembre 1963. En 1970, il fait retour au ministère paroissial, au secteur de Villefranche-du-Périgord (Gers) de 1970 à 1976, puis à La Rochelle-La Genette jusqu’en 1981. Pendant deux ans, il est supérieur de la communauté de la rue Michelet à Agen (1981-1983). En 1983, il est nommé à la paroisse du Sacré-Cœur d’Angoulême. « Malgré ses 70 ans, il veut continuer à rendre service. Servir est sa devise, notamment auprès des malades et des personnes âgées. Il s’inspire de pensées simples et profondes qu’il puise dans des auteurs spirituels comme P. de Foucauld, J Cœur et Pierre L’Ermite: ‘Dieu qui ensoleilles le grand chêne, n’oublie pas la petite fleur qui humblement te prie dans l’herbe du sentier. Es-tu triste? Cherche autour de toi un service à rendre, une peine à consoler, une misère à soulager…’. Ses paroissiens l’estiment beaucoup, même si son caractère rude en a choqué quelques-uns. Son travail préféré est l’animation des chants. Aux messes, il chante beaucoup, renouvelle le répertoire, fait des répétitions. En communauté, c’est un gai compagnon, participant aux services, lavant le linge. Ses vêtements sont soignés comme sa personne: il a de la tenue, est organisé et organisateur, plutôt strict. Rigoureux pour lui- même jusqu’au pli du pantalon! ». Il a l’apparence d’une santé robuste comme celle d’un chêne. Pourtant le 27 avril 1985, il se sent fatigué et respire mal. Le soir même il est hospitalisé: infarctus compliqué d’un emphysème pulmonaire. Plutôt abattu les deux premiers jours, il reprend goût à la vie, demande un poste radio pour suivre le match de football France-Bulgarie du 2 mai 1985. Mais le soir du 1er mai, une nouvelle crise cardiaque l’emporte en quelques minutes. Les obsèques sont célébrées à Angoulême le samedi 4 mai. La famille souhaite que ses restes soient inhumées à Pounéventer, le 6 mai suivant.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (III) 1984-1986, p. 69-70. Assomption-France, Nécrologie n° 4, année 1985, p. 71-73. Les ACR ne conservent que six correspondance du P. Yves-Clément Coat (1935-1965) ainsi qu’un rapport annuel sur la maison de Kerbernès (1966).