Yves-Gilbert (Yvon) LOISEAU – 1896-1983

Aux pèlerinages.
« … A vrai dire, nous nous cherchons encore, l’équipe que vous aviez
rêvée ‘une’ n’est pas homogène, dans ce sens que
1es points de contact sont trop rares et que les é1éments restent opposés
dans la recherche des meilleurs moyens d’action. Le moteur va se rôder sans
doute. I1 faut peut-être qu’une année passe pour mieux juger. La question
des vélo solex est réglée et nous pouvons aider les prêtres
dans les paroisses. Le P. Saint- Martin étudie la question
d’une voiture. La visite des Comités est ébauchée. Espérons que tout cela
rendra. La question des pèlerinages me semble plus importante. Déjà nous
organisons Rome pour le mois de mai. Je vais faire une visite à Bétharram
pour intéresser le P. Buzy à notre organisme. Je sollicite votre
autorisation pour faire
un premier circulaire avec M. Chateau, directeur technique.
Il se propose de me piloter. Le P. Charles [Vitel] me pousse à faire ce
voyage. L’avenue de Breteuil couvrirait les frais qui ne seront pas trop
élevés. M. Château doit vous en parler, mais je serai heureux d’avoir votre
assentiment, m’en remettant en toute simplicité à votre décision ».
P. Yves-Gilbert.

Religieux de la Province de France.

Débuts.

Yvon Loiseau voit le jour à Ernée (Mayenne), le 28 mai 1896. Il fait toute sa formation secondaire au petit séminaire de Lavai (Mayenne) et entre au grand séminaire de son diocèse. Survient la grande guerre: il est mobilisé de 1915 à 1919. Il retourne au grand séminaire de Lavai (1920-1921) et demande son admission au noviciat de l’Assomption. Il prend l’habit à Saint-Gérard en belgique, le 4 novembre 1921, sous le nom de Frère Yves-Gilbert. Il y prononce ses premiers vœux, le 5 novembre 1922. Il étudie quatre ans la théologie à Louvain (1922- 1926). Profès perpétuel le 5 novembre 1925, il est ordonné prêtre le 19 décembre suivant.

En service.

Le P. Yves-Gilbert est nommé économe au collège Saint-Caprais d’Agen (1927-1928), puis vicaire à Montmirail (Marne). Il passe ensuite curé à Pont- l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime), de 1933 à 1938. Après une année de repos à Layrac (Lot-et- Garonne), il est affecté à la paroisse Notre-Dame de Salut à Bordeaux-Caudéran (Gironde) et, de nouveau, il remplit les fonctions d’économe. Il passe l’année 1946-1947 à Paris, au secrétariat des Pèlerinages, puis quitte un moment la Congrégation. En 1950, après un séjour de deux ans à l’abbaye bénédictine d’En-Calcat (Tarn), il arrive à Cavalerie (Dordogne) et y assume les charges de Procureur et de rédacteur du bulletin de l’alumnat ‘Lilium’. A la fermeture de l’alumnat, en 1965, il gagne Saint- Maur (Maine-et-Loire) et, toujours soucieux d’apostolat dans sa correspondance avec les bienfaiteurs, y remplit les mêmes fonctions. Le P. Maurice Perron évoque la fin de cette période: e J’ai eu la chance de vivre avec le P. Yves-Gilbert Loiseau du 19 février au 29 avril 1976.

Nos relations ne furent pas toujours douces, tant s’en faut! La responsabilité, d’ailleurs, en était fort bien partagée. Mais ce que je retiens après 7 ans de décantation, c’est sa profonde délicatesse et générosité de cœur que voilaient, parfois trop facilement son ton et ses attitudes autoritaires; de même son acharnement au travail qu’il voulait parfait, voire artistique, et que l’on sentait soulevé par le désir ardent d’être vraiment le ‘servant’ de Dieu et des hommes, le désir de se faire proche des peines et des joies des bienfaiteurs, pour les y faire rencontrer le Seigneur. Le P. Yves-Gilbert était un passionné. Et il est toujours enrichissant de fréquenter de telles personnes pour s’arracher à ses léthargies et à ses inerties. Il faut ajouter que, durant des mois de connivence, le P. Yves-Gilbert vivait un peu son Gethsémani. Ce n’était pas rien de renoncer à cette tâche où il avait investi toutes ses forces et toutes ses compétences. Ce n’était pas rien d’accueillir et d’initier, dans ces circonstances, un remplaçant qu’il ne connaissait ni d’Adam ni d’Eve et dont il savait qu’il venait là pour liquider ‘son’ oeuvres celle Procure de Saint-Maur telle qu’il l’avait organisée, pour la recentrer sur Paris. Qui pourrait soupçonner tout le poids d’amour d’un tel sacrifice, sinon le Seigneur seul? ».

Au repos, à Lorgues (1976-1983).

Octogénaire, le P. Yves-Gilbert arrive à Lorgues (Var), le 5 juillet 1976. Le P. Allègre son supérieur écrit à son sujet: « Pendant deux ans, la santé du P. Yves-Gilbert lui a permis de s’adonner à des travaux d’art minutieux: tapis de haute laine, profils de la Vierge découpés dans du contre-plaqué et peints etc. Il était très habile de ses doigts, il avait une âme d’artiste. Malheureusement, la maladie de cœur est venue interrompre peu à peu toute activité. Entre ses crises d’angine de poitrine, il disait fidèlement son bréviaire et faisait très régulièrement sa visite au Saint-Sacrement. Il a dû faire de très nombreux séjours en clinique, mais, chaque fois, il surmontait ses crises. A la fin de février [1983], une crise plus forte a nécessité une hospitalisation d’urgence à Draguignan et sa santé a décliné rapidement, jusqu’au matin du 25 mars, où le Seigneur l’a rappelé à Lui ». Les obsèques du P. Yves-Gilbert ont lieu à Lorgues, le 26 mars, présidées par le P. Claude Guenneau. Il est inhumé à Lorgues, dans la chapelle mortuaire sise dans la propriété de la communauté.

Bibliographies

Bibliographie et documentation: Documents Assomption, Nécrologe (II) 1981-1983, p. 65-66. Assomption France, Nécrologie n° 1, décembre 1983, p. 8. Lettre du P. Yves-Gilbert Loiseau au P. Gervais Quenard, Paris, 27.12.1946. Dans les ACR, du P. Yves-Gilbert Loiseau, correspondances (1927-1948). Le P. Yves-Gilbert Loiseau a écrit de nombreux articles dans le bulletin ‘Lilium’ (Cavalerie).