Yves (Henri) Laurent – 1915-2003

Un parcours classique.

Henri Laurent est né le 22 septembre 1915 à Sivry (Etalle, Belgique). A l’âge de 14 ans, en 1929, il quitte sa famille à laquelle il resta très attaché toute sa vie, pour s’inscrire à l’alumnat de Bure et y commencer ses études d’humanités (1929-1932) qu’il termine à Sart-les-Moines (1932-1934). Il entre alors au noviciat de l’Assomption à Taintegnies où il prend l’habit à la fin du mois de septembre 1934. C’est là qu’il prononce ses premiers vœux, le 1er octobre 1935, sous le nom de Frère Yves. Il suit alors le parcours classique de tout scolastique &bnps:: philosophie à Saint-Gérard (1935-1937) et théologie à Louvain d’abord, de 1938 à 1939, puis à Saint-Gérard (1940-1942). Entre temps, il a accompli ses obligations militaires (CIBI, 1937-1938) et est mobilisé pendant la drôle de guerre (1939-1940). Ordonné prêtre le 26 juillet 1942, il poursuit des études spécialisées à Louvain et y obtient les grades de docteur en théologie et de licencié en orientalisme.

Un enseignant talentueux.

Pendant vingt ans (1947-1968), le Père Yves est voué à la formation des jeunes religieux &nbps:: professeur d’Ecriture sainte, mais également supérieur du scolasticat (Saint-Gérard, 1952-1968), conseiller provincial, membre du Conseil de Province. Il est remarqué par sa discrétion, sa sagesse, son bon sens et sa bonté. Il profite ensuite de la pénurie d’étudiants à former pour approfondir sa propre culture biblique par des séjours à Jérusalem (de décembre 1961 à août 1962) et à Rome (de novembre 1962 à janvier 1963). Il donne des cours au scolasticat jésuite de Begenhoven (1969-1970) et travaille sur saint Jean, son auteur préféré. A la fermeture de la maison d’études de Saint-Gérard Abbaye, en 1974, il vient rejoindre la communauté de Bruxelles, rue Duquesnoy. Il se dévoue dans les homes d’accueil (ou maisons de personnes âgées) et cliniques, donne quelques causeries sur la Bible, puis se passionne pour la cause de Louise Lateau, une mystique de la région de La Louvière. Il écrit même de courtes notices biographiques, mises à la disposition des fidèles de l’église bruxelloise de La Madeleine. Cet exégète de métier ne méprise pas les petits bricolages, comme en témoigne d’ailleurs l’état de sa chambre &nbps! Pour ses clients des homes d’acceuil, non seulement il fait des enregistrements pour aiguiser leur piété, mais aussi parfois des petits montages avec du papier, des fleurs artificielles. Pour Louise Lateau, il publie de petits fascicules qu’il transporte sur un caddie ‘fait maison’. Toutes ces activités n’empêchent pas le Père Yves d’aller à l’essentiel, comme le soulignent ces extraits de textes dûs à sa plume&nbps : « Aimer Dieu. Qu’est-ce qu’aimer Dieu? Jusqu’où peut aller l’amour pour Dieu ? Saint Francois d’Assise a-t-il aimé Dieu plus que saint Paul, qu’Ignace d’Antioche, qu’Augustin ? Ma réponse, la voici: l’amour que nous avons pour Dieu ne peut venir que de Lui. Il fait aimer dans la mesure où il se fait connaître. Et Il se fait connaître de multiples façons, mais c’est toujours par son Esprit sur nous. C’est dans l’Esprit que l’on peut crier ‘Abba’ ». Le Père Yves connaît-il des doutes à la manière de la petite Thérèse ? Voici sa réflexion : « Le mystère de Dieu est infini. Dieu peut toujours se révéler à l’âme d’une façon telle qu’Il ébranle la créature dans ses convictions habituelles, si bonnes soient-elles mais toujours pour une plus grande foi et charité, jamais pour des résultats négatifs ». C’est aussi sa foi à lui.

Passage sur l’autre rive.

A la fin de l’année 2002, comme le Père Yves se plaint de l’estomac, le médecin demande un examen complémentaire. Et c’est ainsi qu’au mois de décembre, il s’en va tout guilleret avec sa petite valise, pour un examen d’apparence bénigne à la clinique Saint-Jean. En fait un pontage se révèle nécessaire. On opère et la situation devient catastrophique : soins intensifs, coma provoqué. Le mardi 14 janvier 2003, le déclin apparaît irréversible. Le vendredi 17 janvier, à six heures du matin, il rejoint Celui qu’il a si fidèlement servi durant plus de 65 ans. La messe des funérailles est célébrée le 22 janvier en l’église de La Madeleine de Bruxelles où, durant des années, il a célébré l’Eucharistie le matin à 7 heures. L’inhumation a lieu ensuite à Saint-Gérard, dans la concession des Assomptionnistes.


Bibliographies