Claude(Constant-Marie-Joseph) Amiet – 1911-2003

Franc-Comtois jusqu’au bout.

* Après des études secondaires au petit séminaire du diocèse de St Claude [Vaux-sur-Poligny, Jura], Claude Amiet, né le 15 octobre 1911 à Villette-lès-Arbois, est entré à l’Assomption à l’âge de 19 ans [vêture le 12 octobre 1930 à Scy-Chazelles] et a été ordonné prêtre le 26 février 1939 à Lormoy par Mgr Pie Neveu [profession perpétuelle le 21 novembre 1936 à Lormoy]. Il avait été nommé à la mission de Mandchourie mais la guerre le retient en France. Fait prisonnier par les Allemands, il ne sera libéré qu’en 1945. Il a été professeur à Nozeroy [Jura] et à Vellexon [Haute-Saône], vicaire en Tunisie, puis à nouveau professeur à Saint-Sigismond [Savoie], Scy-Chazelles [Moselle] et Vellexon. Lorsque ferme ce dernier alumnat (1966), il obtient, pour des raisons familiales, l’autorisation de rester dans le diocèse où il sera curé de paroisse durant 27 ans.

En 1997, il se retire à la maison de retraite des prêtres de Besançon, mais demeurait en lien avec l’Assomption. Le Père Claude Maréchal a présidé ses obsèques, accompagné du Père François Morvan.

Le Père Amiet meurt le 14 avril 2003.

Conflit de devoirs.

* C’est une question de famille qui me fait écrire cette lettre. Ma maman [Marie née Brégand] est née en 1884 à Villette-lès-Arbois (Jura). Elle est veuve depuis 1935 (+ Léopold Amiet). Son frère, célibataire, le dernier de mes oncles, est venu rester vers elle à la fin de sa vie. Il est mort en 1951. Elle est donc seule depuis ce décès. Ma sœur, 51 ans, était mariée à un fromager ; leurs affaires allaient bien et il était entendu entre nous que quand notre mère ne pourrait plus se suffire, elle irait auprès de ma sœur qui pouvait alors assez facilement la recevoir. Voilà 19 mois que mon beau-frère est mort, en 24 heures, d’une hémorragie interne par rupture de l’artère fémorale. Ma sœur ne pouvait toute seule continuer la fromagerie. Il a fallu tout liquider. Comme elle a une petite fille de 13 ans à élever, elle ne pouvait rester sans travail. Elle a d’abord trouvé un gagne-pain en soignant une personne aisée, dans le plâtre, par suite d’un accident. Cette situation était très provisoire ; aussi ma sœur a cherché du travail dans les environs d’Arbois. Ce fut sans succès, son âge lui fermait les portes. Un ancien missionnaire diocésain de Besançon, nouvellement curé-doyen de Goux-les-Usiers près de Pontarlier, M. l’abbé Mesnier, qui avait connu ma sœur pendant une mission, apprit son malheur. N’ayant personne pour tenir son ménage, il proposa à ma sœur d’aller chez lui et il aiderait à élever la petite. C’est ainsi que ma sœur est chez le doyen de Goux depuis mars 1959. Tous deux sont satisfaits et tout irait bien si notre mère n’était absolument seule au pays. Nous ne pouvons pas demander à M. Mesnier de la prendre chez lui, ce serait abuser. Il n’y a pas de place, surtout qu’il aide déjà pour ma petite nièce. D’autre part ma maman ne veut pas entendre parler de cette solution. Quant à mon frère plus jeune, après s’être marié contre le gré de mes parents, il a eu un enfant, puis a divorcé et s’est remarié civilement avec une fille qui avait aussi déjà un enfant. Vous devinez le reste. Mon frère est comme un schismatique par rapport à la famille. Il n’a plus de relations depuis des années avec nous. Il vit à Sens dans l’Yonne. Chaque hiver, ma vieille maman décline. En mai dernier, le Père Cyrille Paratte qui prêchait la retraite de communion solennelle au pays, l’a vue au lit, soignée par une voisine dévouée. Il m’a confié que cela ne convenait plus. Ma sœur est venue quelques jours après, mais elle ne peut pas être à deux endroits à la fois et Goux-les-Usiers n’est pas facile d’accès. C’est à 15 kms de Pontarlier. J’avais parlé à ma maman de vous demander la permission de prendre une paroisse dans les parages du pays ; d’abord elle ne voulait pas, puis un jour en repassant chez elle, j’ai remarqué qu’elle cachait sa peine de me voir éloigné, quoique résignée à son sort. D’elle-même, elle m’a reparlé de paroisse où elle pourrait venir vers moi pour n’être plus seule. Voilà, mon Père, où en est la situation et vous comprenez, j’en suis sûr, mon inquiétude et celle de ma sœur. Je m’en remets à votre jugement en vous demandant bien simplement l’autorisation de demander une paroisse à Mgr l’évêque de Saint-Claude, au moins pendant les dernières années de ma vieille maman…+.

Réponse du Père Wilfrid : * Le Père Claude sera invité à accepter dans une obéissance généreuse et confiante en la Providence la solution que son Provincial a décidée +.

Décision du Père Ract, Provincial de Lyon: * Le Père Claude Amiet a fait des démarches à mon insu pour venir en aide à sa mère. Je dois dire que si on laisse libre cours à sa demande comme la Curie m’y semble inclinée, je vais être affronté à une dizaine de cas semblables immédiatement. Dès que les parents sont en difficulté, on peut faire jouer le commandement correspondant. Que devient la vie religieuse et les sacrifices qu’elle exige ? Je nomme le Père Claude à Vellexon avec permission d’aller voir sa mère assez souvent et même l’autorise à transférer sa mère à Vellexon, si elle le désire, en particulier pendant la saison de l’hiver. Je demande au Père enfin de cesser son harcèlement auprès des Supérieurs et de recouvrer la paix. Il me semble qu’ainsi sont assurés et les devoirs filiaux et les obligations de l’état religieux. + Juillet 1960

br “clear= “all “>

Le Père Claude (Constant-Marie-Joseph) Amiet(1911-2003) France

Franc-Comtois jusqu’au bout. Après des études secondaires au petit séminaire du diocèse de St Claude [Vaux-sur-Poligny, Jura], Claude Amiet, né le 15 octobre 1911 à Villette-lès-Arbois, est entré à l’Assomption à l’âge de 19 ans [vêture le 12 octobre 1930 à Scy-Chazelles] et a été ordonné prêtre le 26 février 1939 à Lormoy par Mgr Pie Neveu [profession perpétuelle le 21 novembre 1936 à Lormoy]. Il avait été nommé à la mission de Mandchourie mais la guerre le retient en France. Fait prisonnier par les Allemands, il ne sera libéré qu’en 1945. Il a été professeur à Nozeroy [Jura] et à Vellexon [Haute-Saône], vicaire en Tunisie, puis à nouveau professeur à Saint-Sigismond [Savoie], Scy-Chazelles [Moselle] et Vellexon. Lorsque ferme ce dernier alumnat (1966), il obtient, pour des raisons familiales, l’autorisation de rester dans le diocèse où il sera curé de paroisse durant 27 ans. En 1997, il se retire à la maison de retraite des prêtres de Besançon, mais demeurait en lien avec l’Assomption. Le Père Claude Maréchal a présidé ses obsèques, accompagné du Père François Morvan. Le Père Amiet meurt le 14 avril 2003. Conflit de devoirs. * C’est une question de famille qui me fait écrire cette lettre. Ma maman [Marie née Brégand] est née en 1884 à Villette-lès-Arbois (Jura). Elle est veuve depuis 1935 (+ Léopold Amiet). Son frère, célibataire, le dernier de mes oncles, est venu rester vers elle à la fin de sa vie. Il est mort en 1951. Elle est donc seule depuis ce décès. Ma sœur, 51 ans, était mariée à un fromager ; leurs affaires allaient bien et il était entendu entre nous que quand notre mère ne pourrait plus se suffire, elle irait auprès de ma sœur qui pouvait alors assez facilement la recevoir. Voilà 19 mois que mon beau-frère est mort, en 24 heures, d’une hémorragie interne par rupture de l’artère fémorale. Ma sœur ne pouvait toute seule continuer la fromagerie. Il a fallu tout liquider. Comme elle a une petite fille de 13 ans à élever, elle ne pouvait rester sans travail. Elle a d’abord trouvé un gagne-pain en soignant une personne aisée, dans le plâtre, par suite d’un accident. Cette situation était très provisoire ; aussi ma sœur a cherché du travail dans les environs d’Arbois. Ce fut sans succès, son âge lui fermait les portes. Un ancien missionnaire diocésain de Besançon, nouvellement curé-doyen de Goux-les-Usiers près de Pontarlier, M. l’abbé Mesnier, qui avait connu ma sœur pendant une mission, apprit son malheur. N’ayant personne pour tenir son ménage, il proposa à ma sœur d’aller chez lui et il aiderait à élever la petite. C’est ainsi que ma sœur est chez le doyen de Goux depuis mars 1959. Tous deux sont satisfaits et tout irait bien si notre mère n’était absolument seule au pays. Nous ne pouvons pas demander à M. Mesnier de la prendre chez lui, ce serait abuser. Il n’y a pas de place, surtout qu’il aide déjà pour ma petite nièce. D’autre part ma maman ne veut pas entendre parler de cette solution. Quant à mon frère plus jeune, après s’être marié contre le gré de mes parents, il a eu un enfant, puis a divorcé et s’est remarié civilement avec une fille qui avait aussi déjà un enfant. Vous devinez le reste. Mon frère est comme un schismatique par rapport à la famille. Il n’a plus de relations depuis des années avec nous. Il vit à Sens dans l’Yonne. Chaque hiver, ma vieille maman décline. En mai dernier, le Père Cyrille Paratte qui prêchait la retraite de communion solennelle au pays, l’a vue au lit, soignée par une voisine dévouée. Il m’a confié que cela ne convenait plus. Ma sœur est venue quelques jours après, mais elle ne peut pas être à deux endroits à la fois et Goux-les-Usiers n’est pas facile d’accès. C’est à 15 kms de Pontarlier. J’avais parlé à ma maman de vous demander la permission de prendre une paroisse dans les parages du pays ; d’abord elle ne voulait pas, puis un jour en repassant chez elle, j’ai remarqué qu’elle cachait sa peine de me voir éloigné, quoique résignée à son sort. D’elle-même, elle m’a reparlé de paroisse où elle pourrait venir vers moi pour n’être plus seule. Voilà, mon Père, où en est la situation et vous comprenez, j’en suis sûr, mon inquiétude et celle de ma sœur. Je m’en remets à votre jugement en vous demandant bien simplement l’autorisation de demander une paroisse à Mgr l’évêque de Saint-Claude, au moins pendant les dernières années de ma vieille maman…+. Réponse du Père Wilfrid : * Le Père Claude sera invité à accepter dans une obéissance généreuse et confiante en la Providence la solution que son Provincial a décidée +. Décision du Père Ract, Provincial de Lyon: * Le Père Claude Amiet a fait des démarches à mon insu pour venir en aide à sa mère. Je dois dire que si on laisse libre cours à sa demande comme la Curie m’y semble inclinée, je vais être affronté à une dizaine de cas semblables immédiatement. Dès que les parents sont en difficulté, on peut faire jouer le commandement correspondant. Que devient la vie religieuse et les sacrifices qu’elle exige ? Je nomme le Père Claude à Vellexon avec permission d’aller voir sa mère assez souvent et même l’autorise à transférer sa mère à Vellexon, si elle le désire, en particulier pendant la saison de l’hiver. Je demande au Père enfin de cesser son harcèlement auprès des Supérieurs et de recouvrer la paix. Il me semble qu’ainsi sont assurés et les devoirs filiaux et les obligations de l’état religieux. + Juillet 1960

Bibliographies