François Abalain – 1914-2000

Le Père François Abalaintc “Le Père François Abalain” (1914-2000) – France



François, originaire de Ker-Dudy en Tremaouezan (Nord-Finistère), est né le 10 juin 1914. Il sera baptisé le 20 juin sous le nom de François-Marie. Sa famille, des agriculteurs, compte huit enfants. Après l’école primaire dans son village, de 1919 à 1926, il rentre à l’alumnat de Saint-Maur (Maine-et-Loire), loin de son pays, le Léon, en 1927. Trois ans d’alumnat de grammaire, puis Saint-Denis, banlieue parisienne, au séminaire d’aînés de 1930 à 1933.
Il laisse à ses compagnons le souvenir d’un garçon doué d’une excellente mémoire pour la récitation des textes, mais son intelligence spéculative est plus que moyenne ; ce sera une des rares remarques dans les rapports de profession.
Le 13 août 1933, il rejoint le noviciat de Nozeroy (Jura), jusqu’au 18 janvier 1934. La Province de Bordeaux a décidé d’ouvrir son noviciat à Pont-l’Abbé-d’Arnoult (Charente-Maritime) : cinq novices fondateurs, dont François. Et c’est là qu’il prononce ses premiers vœux, le 2 octobre 1934.
Après la profession, une année à Layrac (Lot-et-Garonne), pour les études complémentaires de rhétorique. Layrac vient d’ouvrir… le Frère François, pour la deuxième fois, se retrouve co-fondateur !
Philosophie scolastique à Scy-Chazelles (Moselle), en 1935. Après deux ans, il effectue son service militaire mais il ne sera pas démobilisé : la guerre est déclarée, puis la débâcle ! Fait prisonnier, il restera en Allemagne du 10 juin 1940 au 10 mai 1945. Durant cette longue période, présent dans un camp où sont regroupés des séminaristes, il peut effectuer une année d’études théologiques. Les conditions de détention sont dures et le Père François en reviendra avec de nombreuses séquelles physiques. L’état (Anciens Combattants), reconnaîtra un taux d’invalidité de 50 %.
En octobre 1945, après quelques semaines en famille, il rejoint Lormoy (Essonne), pour une année, puis Layrac pour deux ans. Vœux perpétuels le 8 décembre 1946 et sacerdoce le 1er juin 1947. Le Père François a alors 33 ans.
Nommé économe à Blou (Maine-et-Loire) sa voie est toute tracée : il assumera les fonctions d’économe jusqu’à 1984, soit durant 37 ans ! Saint-Maur de 1953 à 1956, Pont-l’Abbé-d’Arnoult de 1956 à 1960, Agen de 1976 à 1984.
Ce ne furent pas des années tranquilles ! Il fallait trouver le nécessaire pour l’alimentation, pour l’entretien et l’aménagement des propriétés et des maisons, pour l’engagement d’un personnel compétent. Il écrira au Père Provincial : “On est toujours bien là où on se dévoue”, ce fut vraiment sa devise !
En 1984, ses supérieurs le nomment à la maison d’accueil de Saint-Maur et le Père Vincent Hémon, son Vice-provincial, ajoute à la lettre d’obédience, un petit mot personnel : “Tu as rendu à tous de tels services, avec ponctualité, discernement, dévouement… je dis “Deo gratias” pour tout”. À Saint-Maur, il assure surtout la permanence pour le téléphone et pour l’accueil des visiteurs. Mais en 1993, le centre d’accueil est fermé et on demande au Père François de rejoindre Layrac (il aurait préféré Pont-l’Abbé). Là il demeurera sept ans, toujours aussi aimable et dévoué.
Il a le temps de s’occuper un peu de lui… et revoit sa vie devant Dieu. De ce temps de grâce et de retraite, retenons quelques réflexions, puisées dans son testament spirituel : “Je déclare que je meurs dans la foi la plus profonde, dans la reconnaissance infinie pour toutes les grâces que Dieu m’a faites. Je remercie l’Assomption à qui je dois tout ce que j’ai été et tout ce que je suis. Je lui demande pardon de n’avoir pu lui donner tout mon temps et toute ma vie… Je m’abandonne à la Sainte Église, ma mère qui m’a comblé, à la Sainte Vierge dont je veux être l’enfant, à Dieu qui a été si bon pour moi”.
Continuant ses réflexions sur les années passées, il écrit : “que me dira le Bon Dieu en arrivant au ciel ? Il me dira peut-être “Vous avez travaillé toute votre vie mais vous auriez pu faire mieux”. Mais je pense qu’il me dira aussi : “Soyez le bienvenu dans mon Royaume”.
François n’avait pas peur de la mort… Au fond du parc, il avait rénové une petite statue de saint Joseph, patron des économes mais aussi patron de la “bonne mort”. On l’a trouvé plusieurs fois agenouillé devant cette statue.
Il s’éteindra, “départ inopiné” dira le chroniqueur, dans la nuit du 6 novembre 2000, après une brève maladie en chambre.
Les obsèques seront célébrées le 8 novembre, en présence de ses frères en religion, d’amis et de 18 membres de sa famille. L’eucharistie est présidée par le Père Jean Drevillon, son successeur comme économe, et c’est le Père Joseph Henry qui assure l’homélie.
L’intervention du Père Joseph se termine ainsi : “Comme Joseph, il a accepté toute sa vie d’œuvrer humblement au service de tous. Comme Joseph, il a répondu à l’appel du Seigneur et de ses Supérieurs, même si, parfois, il aurait voulu résister. Mais comme Joseph, il a trouvé la consécration de sa vie auprès de Dieu pour l’éternité”.
Le Père François repose au cimetière de Layrac, auprès de ses frères.


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