Gonzalve (Victor-Joseph-Emile) WELES – 1888-1964

Scy-Chazelles, 1922.
« Il y a bien longtemps que je ne vous ai plus écrit. Les élections pour
les supérieurs m’ont bien fait regretter de ne pouvoir vous consulter, mais
aurait-on pu prévoir tels résultats? M.A. Pruvost dit que cela vient de
nombreuses réclamations qu’on a envoyées à Rome. Il dit aussi que cela
va terminer une cabale. Il dit encore qu’à Sart un Père avait voté pour
lui-même et Léonce
[Hennebique] m’a confié que c’était Ro. [Romaric Dardichon], ce qui
m’étonne fort. Ici aussi d’ailleurs quelqu’un s’est donné sa voix. Joseph
[Maubon] a défendu aux étudiants de Louvain d’écrire en dehors des cas de
nécessité. Ils ont profité de l’absence de P. [Possidius Dauby] pour
m’écrire. Avez- vous des nouvelles de Rome? De Séraphin Protin? On dit qu’à
Worcester Poly
[Guissard] a pris la philo en main. Pourquoi dans la dernière circulaire
cet éloge en grand de Worcester, sans rime ni raison? Et le compliment
d’Arthur [Deprez] aux assistants. ‘Vous êtes encore les mieux qualifiés
pour
conduire la barque de l’A.R.T., sur la mer où Rome la veut diriger” .
Aurèle [Odil] m’a dit avoir mis votre nom, Léonce
[Hennebique] aussi. On ne veut pas du ‘pacha’ [Félicien V]… ».

Religieux de la Province de Belgique-Sud. Un premiers parcours entravé par la guerre. Victor-Joseph-Emile Wélès est né le 26 février 1888 à Steinbach (Limerlé), tout au nord du Luxembourg belge, à proximité du Grand-Duché. Il fait ses études de grammaire à l’alumnat de Saint-Trond qui débute (1901-1904) et ses humanités à Taintegnies (1904-1906) où le P. Edouard Bachelier est supérieur. Il prend l’habit au noviciat de Louvain, le 10 septembre 1906, sous le nom de Frère Gonzalve. Le P. Benjamin Laurès est alors le maître des novices. Profès annuel le 10 septembre 1907, il commence à Louvain l’étude de la philosophie qui dure alors trois ans (1908-1911), puis de la théologie (1912), sous la direction du P. Pierre- Fourier Merklen qui le marque profondément et auquel il gardera une estime sans discontinuité. Le Frère Gonzalve prononce ses vœux perpétuels le 11 septembre 1909. De 1912 à 1913, il est institué jeune professeur de sciences et de 1913 à 1914 il est envoyé à l’alumnat de Sart-les-Moines. En août 1914, la Belgique entre en guerre. Le Frère Gonzalve est mobilisé comme brancardier-infirmier du mois d’août 1914 au mois de mars 1919. C’est seulement en mars 1919 qu’il peut reprendre le cours de sa formation théologique à Louvain où il est ordonné prêtre, le 7 août 1921, à l’âge de 33 ans. Une figure dans les alumnats de Bure et de Sart. Pendant plus de trente ans, de 1921 à 1953, le P. Gonzalve va déployer toute son énergie, un absolu dévouement et un bel esprit d’initiative dans les maisons de formation de la Congrégation, dans les alumnats de Scy-Chazelles (Moselle), de 1921 à 1923, puis de Zepperen où il ne fait que passer (1923-1925), avant d’être affecté alternativement à Bure et à Sart-les-Moines, deux maisons qui bénéficient grandement de ses services: Page :375/375 à Bure, de 1925 à 1927, à Sart-les-Moines où il est économe de 1927 à 1929, puis supérieur à partir de 1928, à nouveau à Bure de 1934 à 1938, à nouveau à Sart-les-Moines en 1938. Le vieux castel de Bure, après une courte absence, est réoccupé par l’Assomption en 1925, mais tout est à réaménager. Comme les moyens financiers sont faibles, ce sont bien souvent les religieux aidés des élèves qui prêtent le concours de leurs mains et de leur générosité aux entreprises matérielles. Le P. Nector Craisse est alors le chef de file de l’équipe et de la relance, tandis que le P. Gonzalve assure le service de l’économat. Le P. Gonzalve reste surtout comme l’homme de Sart-les-Moines qui est à la fois alumnat classique et maison de vocations tardives. Il y est à la fois professeur et économe, avant d’en être le supérieur de 1928 à 1934 et de 1940 à 1946. En 1948, nous retrouvons le P. Gonzalve économe au scolasticat de Saint-Gérard. Afin de pouvoir assurer l’aumônerie du monastère que les Sœurs Orantes viennent de fonder à Scy, près de Ciney, dans le diocèse de Namur, il est nommé curé de cette petite paroisse de quelque 150 âmes. Chaque matin, il peut célébrer l’Eucharistie au monastère à laquelle des paroissiens peuvent participer et, le dimanche, se partager entre paroisse et monastère. Maladie et mort. En mars 1964, le P. Martial Ronveaux, Provincial de Belgique-Sud, est invité à assurer les offices de la Semaine Sainte chez les Orantes. Il se rend compte alors du déclin du P. Gonzalve qui perd la mémoire et l’équilibre. Le temps est venu d’assurer à ce religieux, miné par l’artériosclérose, un temps de repos complet. Le 30 mars 1964, il est conduit au scolasticat de Saint-Gérard où il passe environ six semaines, soigné et entouré de l’affection de tous. A partir du mois de mai, il doit rester alité. Il peut encore se remettre d’une pneumonie avant de s’éteindre paisiblement le 15 mai 1964, étant entré dans sa 77ème année. Les funérailles sont célébrées le 18 mal, lundi de Pentecôte, en l’église paroissiale de Saint-Gérard, avec la participation d’une délégation d’anciens combattants de la guerre 1914-1918. Son corps est déposé provisoirement dans un caveau du cimetière, en attendant que soit prête une parcelle du parc nord de la propriété où est aménagée une tombe pour les religieux. Page :376/376

Bibliographies

Bibliographie et documentation: B.O.A. juin 1965, p. 85-86. Lettre à la Famille, 1964, n° 380, P. 639-640. Contacts, juin 1964, n° 149, p. 1-4. Lettre du P. Gonzalve (Victor] Wélès au P. Merklen, Scy-Chazelles, 17 janvier 1922. Dans les ACR, du P. Gonzalve Wélès, rapports sur Sart-les-Moines (1929-1934 et 1940-1946), correspondances (1912-1957), ‘Le Pilote’ (comédie, 1913).