Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

Inscrivez-vous à l'info-lettre

Aller au contenu. | Aller à la navigation

Outils personnels
Menu
À la une Voir toutes les actualités

Le Conseil général plénier en terre Massaï…

Print
Du 1er au 11 juin 2018 se tient à Arusha en Tanzanie, le Conseil Général Plénier, une instance qui réunit régulièrement tous les Provinciaux de la Congrégation. Le fil rouge nous est proposé par le Père Benoît Bigard, Provincial d'Europe.

Jour 1 : Karibu ! Bienvenue au conseil général plénier en terre Massaï…

C’est à Arusha, en Tanzanie, au pied du mont Meru, que le Conseil Général Plénier (CGP), instance semestrielle de la congrégation, vient de prendre son envol. Les provinciaux, les membres du conseil général ordinaire, le secrétaire général ainsi que deux traducteurs le fr. Anastasio CALLE et le P. Michaël TSONGO sont tous arrivés à bon port.  Un superbe centre d’accueil flambant neuf, des Sœurs de la Charité de St Charles Borromée (branche allemande sise à Trèves) nous fournit le gîte et le couvert. Par bien des côtés on se sentirait plutôt en Moselle-Allemande qu’en terre Massaï. L’inculturation a encore de belles perspectives de croissance…

L'Afrique de l’Est, une région assomptionniste de 30 ans, 70 religieux et 10 communautés

 

Cette première journée fut marquée par un geste symbolique de taille, le passage du sceau provincial des mains du P. Protais KABILA KALONDO, Provincial d’Afrique sortant, aux mains du P. Yves NZUVA KAGHOMA, prenant le relais en ce 1er juin 2018. Pour mettre son successeur en confiance, le père Protais n’a pas manqué de rappeler qu’il s’était senti accueilli, aidé et soutenu comme administrateur de la province, tout au long de sa charge. Notre petite assemblée n’a pas manqué de remercier l’un et l’autre pour la tâche accomplie et pour la disponibilité…

Différence entre l’optimiste et l’homme qui espère. L’un se dit que demain sera meilleur. L’autre n’occulte pas les problèmes, mais les affronte.

Puis, comme il se doit, les travaux ont débuté sans tarder par le rapport annuel du P. Benoît GRIÈRE, supérieur général. Après un tour d’horizon sans complaisance, marqué par ses dernières visites, le P. Benoît nous a inviter à une espérance active : « J’aime rappeler la différence entre l’optimiste et l’homme qui espère. L’optimiste s’endort chaque soir en se disant que demain sera meilleur. L’homme qui espère n’occulte pas les problèmes, mais les affronte ici et maintenant. C’est ce hic et nunc qui me semble primordial. Il ne s’agit pas de rêver d’un ailleurs, ni d’attendre, mais bien de s’engager concrètement sans tarder là où l’on est présent. L’espérance nous pousse à l’action. »

 

Plusieurs provinciaux ont eu le temps de partager les points saillants de la vie de leur province ces derniers six-mois, avant d’accueillir le P. Jean-Marie MESO, actuel supérieur régional d’Afrique de l’Est, pour un tour d’horizon de sa région. Une « région assomptionniste » qui fête ses 30 ans cette année, forte de 70 religieux répartis en 10 communautés : 6 en Tanzanie, 3 au Kenya et 1 en Ouaganda.
Les dossiers à travailler au cours de ce CGP ne manquent pas, notamment l’études des statuts de la future Vice-Province d’Afrique de l’Est et une réflexion sur les vicariats ; l’évaluation annuelle de trois œuvres mobilisatrices (Auberge Adveniat, Centre Saint Pierre Saint André , Écoles de Brousse) ; une réflexion sur la pédagogie de l’interculturalité ; les premières nominations apostoliques ; la procédure à suivre pour l’ouverture et la fermeture de communautés ; le temporel ; la préparation des sessions d’animation à venir (Laïcs-Religieux ; La Mission à l’Assomption) ; une réflexion autour de la vocation de Religieux-Frère à l’Assomption ; et bien sûr des questions liées à la formation…
Nous sommes à pied d’œuvre, gageons que cet exercice de synodalité portera de bons fruits !

Jour 2 : Intelligence collective et synodalité…

Le statut de la future Vice-Province d’Afrique de l’Est

Pour cette deuxième journée de travail en conseil général plénier, un travail un peu fastidieux et technique nous attendait. Il s’agissait de revoir la proposition de statut de la future Vice-Province d’Afrique de l’Est : 14 pages de texte législatif ! Malgré déjà un long et bon travail préparatoire, notre assemblée, grâce à un beau travail d’intelligence collective, n’a pas manqué de propositions pour améliorer cette pierre de fondation de la future Vice-Province. Car, au-delà du texte, il en va de la vitalité et de l’avenir de notre congrégation dans son ensemble et dans cette terre d’Afrique de l’Est en particulier. Comme il se doit il fallait veiller à la cohérence de ce texte avec nos autres documents législatifs mais aussi soigner les liens futurs entre les communautés de la Vice-Province ; entre la Vice-Province et sa Province mère et bien-sûr entre la Vice-Province et le reste de la congrégation…
Nous ne sommes encore qu’au tout début de nos travaux et nous avons pris le temps de compléter notre connaissance de l’actualité des Provinces en écoutant, ce samedi 2 juin, les père Dennis GALLAGHER et Etienne RATALATA, nous partager leurs préoccupations respectives pour la Province d’Amérique du Nord et de Madagascar. Toujours sur la lancée des chapitres provinciaux, la revitalisation des communautés est en marche et de nouvelles fondations s’envisagent.
Le troisième temps de la journée s’est vécu de façon plus feutrée, lors des rencontres par binôme des provinciaux… C’est notamment-là, dans un petit coin de salon, que se joue de façon bien concrète, la collaboration entre nos provinces à travers la solidarité en personnel, les demandes de soutien, les échanges d’information relatives aux situations demandant un discernement mutuel. Je reste émerveillé de l’ouverture de chacun pour penser non pas aux seuls intérêts de sa Province mais bien à l’ensemble du corps de la congrégation.

Si les lions ne nous ont pas dévorés d’ici-là !

La fin de journée fut marquée par un nouvel exercice de synodalité afin de se pencher ensemble sur une implantation à relancer. C’est à trois milles mètres d’altitude que nous étions conviés, à Lican précisément, non loin de Riobamba, au cœur de l’Équateur, pour relire d’abord 22 années de présence dans ce pays et penser l’avenir. En effet, en 1996 l’Assomption latino-américaine décidait de marquer d’un geste fort les 500 ans de l’évangélisation de l’Amérique Latine en s’implantant dans le diocèse de Riobamba par une fondation interprovinciale. Il y eu de beaux fruits mais aussi des temps de crise et de découragement. Aujourd’hui de nouveaux bourgeons sont là avec 2 frères équatoriens et des jeunes qui frappent à notre porte. Au-delà de la belle pastorale paroissiale qui s’y vit, du fidèle groupe de laïcs engagés à nos côtés, d’autres possibilités s’ouvrent à nous, notamment du côté de la pastorale des jeunes. Nous croyons à l’avenir de notre présence en Équateur et les Provinciaux, aiguillonnés par notre supérieur général, sont prêt à s’investir pour faire passer un nouveau cap à notre Mission équatorienne…
Je vous disais hier que nous nous sentions en Moselle-Allemande, mais rassurez-vous les moustiques et défaillance de la Wifi, sont bien au rendez-vous pour nous rappeler que nous sommes tout de même en terre africaine… Ce n’est d’ailleurs pas sous les vignobles mosellans que nous pourrions rencontrer des girafes et autres antilopes comme cela nous est promis pour la journée d’excursion dominicale…
À bientôt, si les lions ne nous ont pas dévorés d’ici-là !

Jour 3 et 4 : De l’internationalité à l’Interculturalité…

Après la belle journée d’excursion dominicale dans le parc national de Tarangire, où éléphants, zèbres, girafes, antilopes… et babouins chapardeurs étaient au rendez-vous, le travail sérieux du Conseil Général Plénier a repris de plus belle pour une semaine bien remplie.
En cette matinée du 4 juin 2018 nous étions conviés à évaluer deux œuvres mobilisatrices de la congrégation : l’Auberge de jeunesse Adveniat sise à Paris dans le 8° arrondissement ; et le Réseau des écoles de brousse du sud malgache… Deux œuvres situées dans des contextes bien différents : d’un quartier très chic de la capitale française à une des zones les plus pauvres de la planète où l’analphabétisme, la sécheresse et la misère règnent en maîtres… Mais, étonnamment, ces deux œuvres correspondent à un même ensemble de critères fixés par le chapitre général de 2011 permettant de recevoir le label d’«Œuvre mobilisatrice  ». Estampille engageant la congrégation entière à soutenir et permettre le développement d’une œuvre apostolique significative… Il va sans dire que ces deux belles œuvres ont conservé leur label et continueront d’être soutenues par la congrégation tout entière.

Sept œuvres mobilisatrices à l'Assomption : Bayard, Centre Saint Pierre et Saint André à Bucarest, Auberge de jeunesse Adveniat à Paris, Association Accompagner à Bruxelles, ISEAB-Butembo, Assumption College-Worcester, Écoles de brousse-Madagascar

La seconde partie de la matinée fut consacrée à un exercice de collégialité, consistant à prévoir, ou trouver urgemment, des ressources humaines pour certaines commuanutés et/ou responsabilités significatives pour la congrégation. Les Provinces ayant suffisamment de vocations sont très sollicitées mais la disponibilité ne suffit pas, les compétences ne sont pas toujours au rendez-vous et la formation, qui prend du temps est à planifier longtemps à l’avance.

L’après-midi enfin fut consacrée à une réflexion autour de l’interculturalité… L’internationalité est souvent au rendez-vous dans nos communautés, l’acculturation et l’inculturation sont des préalables, la multiculturalité est parfois subie et pas toujours heureuse, la transculturalité n’est pas forcément souhaitée… Le concept à la mode c’est l’Interculturalité ! Si vous êtes un peu perdu, rassurez-vous c’est normal… Mais je vous laisse tout de même deux réflexions à méditer : L’interculturalité est un choix volontaire d’échange réciproque entre cultures pour produire quelque chose de nouveau qui peut conduire à la transformation et à l’enrichissement de tous ceux qui sont concernés. Ou encore : Le catholique, aspirant à l’universalité, ce serait donc l’être humain capable de se sentir membre de l’humanité parce qu’il a acquis une conscience critique de sa propre culture (inculturation), capable de reconnaître avec joie celle des autres êtres humains (multiculturalité) et d’établir des relations avec les autres, en s’enrichissant de la variété dont fait partie sa propre culture (interculturalité). (cf. Arturo Sosa, S.J.)
Comment aider nos communautés religieuses multiculturelles à avancer vers une démarche d’interculturalité fructueuse, heureuse et volontariste… Voilà la question à laquelle nous avons commencé à nous atteler…

Jour 5 : « La force est dans l'unité du commandement… »

La création du Conseil Général Plénier (CGP) par le 32e Chapitre général avait pour principal but de permettre une animation de la congrégation plus collégiale, plus synodale. En effet, contrairement à une certaine époque, nos provinces ne sont plus auto-suffisantes, ni en personnel, ni en finances. Les défis de la congrégation, de l’Église, de la société se vivent à un niveau toujours plus global. Aussi, si nous voulons répondre aux grandes causes de Dieu et de l’Homme d’aujourd’hui, si nous voulons un avenir significatif pour notre petite congrégation, il nous faut prendre un certain nombre de décisions de façon concertée et assumée collégialement….

Comment avancer vers une interculturalité fructueuse, heureuse et volontariste

Deux prérogatives du CGP très signifiantes ont donc été mises en place depuis 2011 : D’une part, toute ouverture ou fermeture de communauté relève de la responsabilité du Supérieur général avec le consentement du CGP et, d’autre part, toute première nomination apostolique relève de cette même responsabilité…

Nous avons donc pris connaissance aujourd’hui de 4 projets d’ouverture ou de fermeture de communauté, présentés par les provinciaux concernés en respectant la grille fournie à cet effet. Il faudra encore le temps du discernement avant que les décisions finales soient prises.

De même, le supérieur général avec le consentement de son conseil a pu procéder à huit premières nominations apostoliques… Pour les religieux en formation vers la prêtrise, cette nomination se prépare depuis les vœux perpétuels et s’ajuste au cours des années, avant de devenir effective au moment de l’ordination presbytérale (pour les religieux frères c’est, en principe, au moment des vœux perpétuels). Il s’agit de mobiliser les jeunes religieux sur les chantiers importants de la congrégation quitte à demander une disponibilté qui déplace les désirs initiaux... Une belle occasion de mettre en œuvre son vœux d’obéissance… Le père d’Alzon n’écrivait-il pas : « Efforcez-vous de marcher comme une armée dont la force est dans l'unité du commandement, et dont la perte est assurée quand les soldats combattent selon leurs caprices. » (Lettre sur l'avènement du royaume de Dieu autour de nous…) ?

Jour 6 : De l’Éco-nomie à l’Éco-assomption…

Notre petite congrégation, contrairement aux idées reçues et en comparaison à beaucoup d’autres, n’est pas très riche… C’est une bonne chose d’ailleurs, mais cela demande une gestion attentive et des biens que nous avons et de la solidarité entre nos Provinces. Faut-il rappeler qu’il y a actuellement 400 jeunes en formation dans la congrégation (dont 250 religieux sur un total de 870), et la formation a un coût important… Voilà pourquoi sous la houlette du Fr. Didier Remiot, notre économe général, nous avons passé une matinée du conseil sur quelques questions temporelles. Le contexte boursier de 2017 et début 2018 n’ont plus aucuns secrets pour nous… Enfin presque…   

Notre petite congrégation n’est pas très riche…

Après cette matinée dans les chiffres, retour à l’animation de la congrégation, à travers les commissions et autres secrétariats internationaux. Le P. Thierry Kahongya nous a présenté le plan de travail de la commission internationale laïc-religieux qui se retrouvera en octobre prochain. Sa feuille de route est clair, elle lui vient du chapitre général…

Le P. Marcelo Marciel a, pour sa part, à mettre en place la nouvelle commission Internationale sur l’Éducation demandée par le dernier chapitre général. Dans un premier temps il s’agira de poursuivre le travail initié lors du congrès sur l’Éducation de Worcester en juillet 2016 et en premier lieu d’en éditer les actes et d’en assurer la diffusion. Elle aussi a reçu sa feuille de route lors du dernier chapitre général. Enfin, le P. Miguel Diaz nous a présenté le travail du secrétariat International de la famille de l’Assomption « Justice, Paix et Intégrité de la Création », avec notamment le développement au niveau de nos diverses congrégations de la démarche « Vers une Eco-Assomption » initiée par les Religieuses de l’Assomption en 2015. Pour ceux qui ne le connaitrait pas encore je vous invite à aller visiter le site web de ce secrétariat. Le secrétariat JPIC nous invite à prendre connaissance du document publié en 2015 par les Religieuses de l’Assomption : « Vers une Eco-Assomption. Document sur l’écologie », de choisir les textes qui nous intéressent et de les travailler en communauté, en groupes intercommunautaires et avec les laïcs (groupes, paroisses, etc.)… Il s’agira aussi de pouvoir partager et faire connaitre nos initiatives via le site web JPIC… Nous poursuivons donc le travail…

Jour 7 et 8 : Bol d’air frais à Austin House…

Parmi les sessions internationales programmées dans les années à venir, l’une d’entre elle, en 2019, portera sur la relecture de l’expérience missionnaire en Assomption. Nous sommes donc revenus, en CGP, sur cette question de la Mission à l’Assomption. Bien sûr que oui, notre congrégation est une congrégation missionnaire, peut-être pas au sens classique des instituts spécialisés dans la mission ad extra. Mais l’Assomption a bel et bien été fondée pour l’annonce du Royaume, avec une visée large. Le n°20 de la Règle de Vie nous en redonne les contours : « Notre vocation missionnaire nous appelle à nous faire "tout à tous".

Session internationale en 2019 sur la relecture de l’expérience missionnaire. Notre congrégation est missionnaire

Cette disponibilité requiert particulièrement :  l'ouverture d'esprit et de cœur aux valeurs culturelles, sociales, religieuses des différents milieux humains ; la volonté de recevoir autant que de donner, dans l'estime et le respect mutuels ; un souci de formation, de compétence et d'adaptation ; un effort d'initiative et d'invention ; le zèle, l'amour du travail, la franchise et l'audace. » En fait, la question consiste à développer un modèle missionnaire pour aujourd’hui, à partir de notre vivier vocationnel actuel : Quels sont les obstacles à de véritables vocations de missionnaires assomptionnistes ? Comment mieux préparer à la Mission ? Comment comprendre la Mission dans la logique d’Evangelii Gaudium ? Comment nos communautés interculturelles peuvent-elles être missionnaires aussi bien dans les pays de vieille chrétienté, que dans les jeunes Églises, où dans les lieux de première évangélisation… Toute une animation, en congrégation, est nécessaire pour relancer notre élan missionnaire…

Il y a non seulement de la place mais un réel besoin pour des religieux-frères à l’Assomption

Le deuxième grand thème travaillé ce jeudi fut celui de l’accompagnement de la vocation de religieux-frères. Sommes-nous convaincus qu’il y a de la place pour des religieux-frères à l’Assomption ? Non seulement de la place mais un réel besoin, car nombre de nos engagements ne relèvent pas du ministère presbytéral ! De quels profils de religieux-frères parle-t-on ? Quels parcours de formation proposer à ces religieux ? Dans notre travail de promotion vocationnelle, nous devons mieux présenter la place des religieux-frères. Il nous faut aussi lutter contre le cléricalisme dans nos communautés et dans nos milieux. Progresser dans une animation qui mette au centre notre vocation de religieux…

Erection de la Vice-Province d’Afrique de l’Est en janvier 2019 avec plusieurs chantiers : auto-financement, formation, alliance laïcs-religieux, vocations...

La journée de vendredi fut, quant à elle, consacrée à une rencontre avec des représentants de toutes nos communautés d’Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Tanzanie) y compris avec des laïcs de l’Alliance. Nous nous étions donné rendez-vous à Austin House notre philosophat d’Arusha. Le supérieur général a saisi cette occasion pour annoncer l’érection de la Vice-Province d’Afrique de l’Est au 1er janvier 2019 ! L’assemblée était très à l’écoute des membres du Conseil Général Ordinaire qui, à tour de rôle, ont évoqué les chantiers de la vice-Province : la solidarité et l’auto-financement ; la formation ; l’alliance laïcs-religieux, l’éducation, le travail vocationnel… Ce fut surtout une belle journée de rencontre, de découverte et de retrouvaille avec des frères et sœurs -Orantes et Oblates- croisés parfois il y a plus de 10 ans…
Après cette journée un peu spéciale, retour dans notre salle de travail habituelle ce samedi… Mais la connexion Internet a rendu l’âme, peut-être l’avons-nous trop sollicitée !!!

Jour 9 : « Fragilité, cet autre nom de la condition humaine… »

« L'oubli de la fragilité est le prélude de la catastrophe » (Cf. Jean-Louis Chrétien, Fragilité - Un livre recommandé par notre supérieur général). On peut se lamenter sur la fragilité de notre petite congrégation, et on souhaiterait parfois être plus fort, mieux assis, avoir du personnel ou des finances en réserve… Or, il n’en est rien, et c’est certainement bien mieux ainsi !

L'oubli de la fragilité est le prélude de la catastrophe

En fait, le Conseil Général Plénier est déjà une illustration de la puissance de l’Évangile qui ne peut agir qu’à travers nos fragilités. Quand nos provinces assomptionnistes étaient fortes, où disons plutôt quand elles se croyaient suffisamment fortes, elles ne pensaient pas avoir besoin des autres… Et le repli des Provinces sur elles-mêmes à bel et bien conduit à des catastrophes et à des disparitions sur la carte assomptionniste.

Mais aujourd’hui nous ne pouvons plus nous faire illusion, nous sommes foncièrement dépendant les uns des autres et cela produit de la collégialité, de la disponibilité, de la solidarité, des communautés internationales et interculturelles, bref quelque chose de l’ordre du Royaume ! Réjouissons-nous donc de nos fragilités ! Comme le dit encore Jean-Louis Chrétien : « C'est donc la fragilité seule qui forme la demeure de l'impérissable dans le monde. Seule la barque fragile de la voix humaine peut jeter son ancre dans le ciel. »

Fragilité fut bien le maître mot de notre 9ème journée de CGP… Nous nous sommes arrêtés ensemble sur la situation de notre implantation en Turquie : quel avenir possible ? À la mesure de la seule Province d’Europe pas beaucoup, mais à la mesure de la congrégation et de l’Église pourquoi pas ? Un appel sera lancé… Fragilité aussi de l’Église, de la vie religieuse, de la vie religieuse assomptionniste… Partant de l’actualité de l’Église du Chili, chacun a partagé les difficultés, les crises traversées par la vie religieuse dans nos pays respectifs… Loin de se complaire dans les lamentations, il s’agissait surtout de souligner les défis, les appels, les lieux de renouveau, les pistes d’avenir que ces situations de crise ouvrent devant nous. Ce ne sont pas les périodes fastes de l’Église qui produisirent beaucoup d’initiatives évangéliques, mais bien les périodes de crises qui poussèrent l’Église à réorienter sa route vers une vie plus conforme à l’Évangile… Ne soyons donc pas des nostalgiques du passé, et dans la fidélité au génie du christianisme ne nous résignons jamais à une fatalité catastrophiste… C’est bien grâce à nos fragilités que nous pouvons êtres des témoins avant d’être des maîtres… « Des boiteux sur le chemin », comme nous le rappel sans cesse le P. Benoît Grière…

C’est bien grâce à nos fragilités que nous pouvons êtres des témoins avant d’être des maîtres

Nous avons terminé la journée par une petite relecture de la pratique du CGP, de l’avis unanime cette rencontre semestrielle, née certainement de notre fragilité, permet de faire de beaux pas à la congrégation… Tout n’est pas parfait, le suivi des sujets évoqués en CGP demeure un défi, l’interaction entre le CGP et les conseils de province ou les conseils provinciaux est encore à parfaire… Mais tout de même, la synodalité, c’est-à-dire le chemin parcouru ensemble, est loin d’être insignifiant !
« Ayez à l’esprit, mes frères, la fragilité humaine : courez tant que vous vivez, afin de vivre ; courez tant que vous vivez, afin de ne pas mourir vraiment » saint Augustin.

Jours 10 et 11 : « Nous mettrons donc notre confiance en Dieu seul… »

Les journées dominicales, durant le CGP, sont traditionnellement réservées au repos et au Seigneur, comme il se doit. Mais en cette avant dernière journée de conseil nous avons pris le temps d’accueillir le tout nouvel archevêque d’Arusha, Mgr Issac Amani Massawe. Celui-ci nous a partagé quelques nouvelles sur la situation de l’Église en Tanzanie et notamment dans son diocèse. Partant de la devise du diocèse, «Sortir, s’engager pour travailler ensemble en Jésus-Christ », il nous a partagé ses ambitions pour le diocèse : favoriser une Église famille avec des communautés chrétiennes de base dynamiques ; amener les chrétiens à travailler ensemble et à être solidaires sur un socle de valeurs chrétiennes ; développer une plus grande appropriation de la Bible et des sacrements par tous et permettre une plus grande autonomie financière de l’Église locale en stimulant l’engagement des fidèles en ce domaine.

La congrégation doit être disponible aux appels de l’Esprit.

Par ailleurs Mgr Isaac, nous a partagé la bonne assise de la laïcité dans le pays. Il n’y a pas de religion d’État mais les Tanzaniens sont supposés être religieux, il revient à chacun de suivre sa religion sans causer de problèmes aux autres. Bien sûr il y a le défi de quelques musulmans radicaux qui voudraient faire de certaines parties de la Tanzanie des régions musulmanes, mais cela ne passe pas. Ils sont pour l’instant bien contrôlés par l’État… Du côté des Églises chrétiennes il y a une bonne collaboration avec les Églises historiques, un peu moins avec les Églises du réveil. Un bureau chrétien des services sociaux (santé et éducation) a été construit par les grandes Églises chrétiennes. Par ailleurs les autres défis du diocèse se sont les mauvaises routes et les longues distances ; le nomadisme des éleveurs qui interpelle la façon habituelle de construire des communautés chrétiennes ; la jeunesse dispersée sur le territoire et qu’il n’est pas facile de rassembler, surtout dans le monde rural, et la taille des paroisses avec souvent 10 à 15 stations secondaires à desservir… Finalement Mgr Isaac a insisté sur l’unité des acteurs ecclésiaux : prêtres diocésains, religieux, religieuses, laïcs qui doivent travailler ensemble, guidés par les objectifs du diocèse.

Il nous faut vivre la lucidité dans l’espérance, sans nous cacher les difficultés

Enfin pour notre dernier jour de CGP, après quelques votes finaux sur les textes travaillés et la programmation de nos futurs conseils, le supérieur général a conclu nos travaux par une prise de parole finale. Dans la continuité de l’ouverture de nos travaux il a rappelé qu’il nous faut vivre la lucidité dans l’espérance, sans nous cacher les difficultés. La relecture de notre fondation en Équateur -Riobamba-, nous permet de tirer des leçons pour les futures fondations : soigner la préparation, la coordination, les moyens humains et financiers mis en œuvre. Le regard différencié, selon nos situations locales, sur les crises que traverse l’Église fut également enrichissant et l’exercice d’intelligence collective sur la situation de la Turquie a permis de faire bouger les lignes… Le supérieur général nous a donc invité à poursuivre sur cette voie de la relecture de nos «réussites » et de nos échecs et à partager suffisamment tôt nos projets de Province pour une meilleure anticipation et collaboration. N’oublions pas que le « Corps de la congrégation est un corps missionnaire c’est-à-dire qu’il doit être disponible aux appels de l’Esprit. La congrégation est missionnaire aussi par son internationalité et sa recherche d’une interculturalité vécue en communauté. » Nous sommes toujours plus conscients de la nécessité de renforcer notre formation assomptionniste, d’ajuster la mise en œuvre des communautés internationales de formation (CIFA) et de préciser nos critères de recrutement vocationnel. Ce dernier thème sera particulièrement travaillé au prochain CGP. « Nous n’avons pas besoin de religieux tièdes et médiocres ; mais d’hommes passionnés. »

En joignant ma voix à tous les remerciements formulés, pour l’accueil de nos frères et sœurs d’Afrique de l’Est ; pour les services du secrétariat ; de l’animation ; de la traduction ; de la liturgie… et pour la guidance de notre supérieur général, nous vous donnons rendez-vous au prochain CGP, en décembre 2018, à Rome.
« Nous mettrons donc notre confiance en Dieu seul, jamais dans les moyens humains. La pauvreté évangélique sera pour nous comme la preuve extérieure de la pratique de l'espérance. Nous y puiserons aussi le véritable esprit d'humilité. […] L'espérance pratiquée ainsi nous inspirera la reconnaissance la plus profonde envers les dons de Dieu, nous souvenant toujours des paroles de l'Apôtre, qui nous recommande de rendre grâces de tout ce qui nous arrive : « En toutes choses rendez-grâce au Seigneur ! » (Emmanuel d’Alzon, chap.6 du directoire)

P. Benoît Bigard