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Augustin dans ma vie, par Marie-Christine Perron.

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témoignage d'une novice

Augustin est pour moi un personnage fascinant qui me va droit au coeur, mais qui hélas même au bout de six mois de cours professés par un maître reste toujours un mystère. Je n'ai pas honte d'avouer que son style est trop compliqué pour moi. Mais n'ai-je pas toute la vie devant moi ?
J'aime la passion d'Augustin !

Augustin fait partie de ces quelques figures que je me suis fixées pour modèles, j'entends par là saint Paul, François d'Assise et le Père d'Alzon. Je retrouve une grande similitude de vie entre les trois premiers du moins.

J'aime par-dessus tout sa passion, passion pour tout ce qu'il entreprend. Il a soif de tout, d'apprendre, de vivre, d'aimer, d'être aimé, soif décuplée par ce qui l'habite et dont il va prendre conscience petit à petit. Il est ambitieux, aime la beauté, le beau langage, déteste la vulgarité.

Il est plein d'enthousiasme et consacrera une grande partie de sa vie à se faire le défenseur de l'unité de l'Eglise en combattant différents courants tels que le manichéisme, le donatisme, le paganisme qui accuse les chrétiens d'être la cause de la chute de Rome, et le pélagianisme pour qui l'homme est capable de faire son salut tout seul. Il luttera également pour l'unité intérieure, affirmant qu'il n'y a pas plus belle victoire que le combat sur soi-même.

Mais ce qui me rejoint et me nourrit vraiment chez Augustin, c'est cet " amour sans mesure ", son exhortation à la charité, résumé de la vie chrétienne et miroir du Christ.

Marcher sur les traces du Christ !

Augustin me donne vie parce qu'il sait exprimer par des mots magnifiques ce qui me brûle le coeur. Il sait ouvrir mes yeux et me montrer la direction à suivre pour trouver cette finalité qui a pour nom Bonheur et pour lequel je suis entrée dans la vie religieuse. Rien de ce qu'offre le monde ne peut nous combler, tout est moyen à utiliser en ne cessant de rendre grâce et surtout en ne cherchant pas à nous approprier les choses, les idées, les résultats. Dieu seul doit être notre mur de soutènement. Dieu qui est Amour et dont tout nous vient.

Dieu nous aime malgré nos laideurs, parce qu'il voit en nous l'être parfait à son image que nous sommes en voie de devenir. C'est de la même façon que nous devons regarder l'homme et y reconnaître le frère qu'il peut devenir par grâce. Tous les hommes sont égaux et ont la même patrie, ce lieu où nous verrons enfin Celui qui est à l'origine de tout. Ce qui peut faire de nous des étrangers, c'est notre non-reconnaissance du Seigneur, notre refus de répondre à son Amour.

Oui nous sommes tous appelés à marcher sur les traces du Christ qui a pris notre humanité en vivant pauvre, obéissant, chaste, il est le seul chemin qui mène au Père. Ce Père qui nous aime et en qui nous devons mettre toute notre confiance. Dieu qui nous a montré jusqu'où pouvait aller son amour pour chacun de nous, ne peut rien nous refuser : " Il sait mieux que nous ce qui nous est utile et s'il ne répond pas toujours à nos prières, c'est parce qu'il a peur que ce que nous lui demandons soit nuisible pour nous ". Pour Augustin, la seule véritable prière est de lui demander de s'installer en nous " ses Temples ", et de le laisser agir.

Que l'autre soit ton égal !

C'est à cette seule condition que nous deviendrons des êtres nouveaux capables de grandir et de faire croître nos semblables. Alors, l'Amour jaillissant de nos cÏurs se répandra et transformera tout ce qui nous touche. Répondre à l'amour par l'amour en posant des actes mais des actes profondément pensés. Pour Augustin, plus que l'acte encore, c'est l'intention qui compte et qui peut nous sauver.

Cet amour modifiera notre regard sur l'humanité, nous devons donner dignité et première place à la plus belle création de Dieu. Nous devons nous employer à ce que l'autre soit au moins notre égal, toujours veiller à ne pas l'écraser d'un orgueil qui se camouflerait derrière un semblant de compassion, toujours pousser le frère plus haut. Lui donner confiance en lui rappelant qu'il a un Père, qu'il est aimé et que " lorsque l'âme est remplie d'amour, elle n'a plus rien à craindre, elle est en voie de retrouver sa beauté première ".

Lui rappeler aussi que si le Christ, qui faisait passer l'amour dans tous ses gestes et même dans ses silences, a revêtu notre condition humaine, c'est uniquement pour guérir une nature détériorée par le péché.

Vivre la dilection, vivre la charité, c'est vivre comme le Christ. Pour l'imiter, il faut le conna"tre et c'est seulement à travers les ƒcritures que nous pouvons nous imprégner de cette puissance salvatrice et la faire n™tre. Vivons la charité par amour et non par devoir ou par peur. " Aime et fais ce que tu veux ! " L'amour pousse toujours plus loin, il va bien au-delà des lois, et ce qui distingue les actes des hommes, c'est la charité qu'ils y mettent.

Augustin nous invite à vivre dans la charité, à en faire notre oxygène, à mastiquer sans cesse la Parole de Dieu et à la ruminer pour la faire nôtre et la communiquer.

" Si vous aimez Dieu, entraînez vers l'amour de Dieu tous ceux auxquels vous tenez, tous ceux qui vivent dans votre maison. "

Marie-Christine PERRON
Oblate de l'Assomption.
Noviciat