DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.144

Prudence et fermeté avec certaines pénitentes.

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DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.144
Orig.ms. ACR, AJ 38; D’A., T.D. 32, n. 38, pp. 39-40.

[Lamalou, 4 ou 5 septembre 1859](1).
4 sep 1859
Lamalou

Mon cher enfant,

Défiez-vous de ces personnes qui vont conter de ces histoires à de nouveaux confesseurs. Elles ne disent pas tout, en effet. Il m’est arrivé, à moi aussi, de donner mon crucifix à une de ces bohémiennes, et puis je sus par la police qu’elle avait été tromper je ne sais combien de personnes. Pour mon compte, après l’avoir si bien traitée, je la mènerais un peu rudement. Il y a des vipères qui font métier de tromper ainsi. Je ne dis pas qu’il ne faille rien croire, ni qu’elle n’ait pas fait quatre fois plus qu’elle n’en dit; mais si elle finissait par accoucher d’une belle déclaration d’amour, tout laid que vous êtes, rien ne me surprendrait dans ce manège, et plus tard elle donnerait votre crucifix comme preuve de votre correspondance. Il faut lui dire de faire une neuvaine, de faire le chemin de la croix, de jeûner. Le jeûne et la prière chassent les démons muets, nous dit Notre-Seigneur. Mais témoignez-lui un peu de dégoût, vous verrez bien ce qu’il y a au fond de tout cela. Parlez-lui de la mort, de l’enfer, et vous examinerez l’effet que ces paroles produisent. Le Saint-Esprit veut bien que nous passions la main dans le trou de l’aspic, mais de façon à ne pas nous faire mordre.

Adieu. De la prudence et de la fermeté. Adieu et tout vôtre en N.-S.

Souvent ces malheureuses font des péchés en venant les conter. Ne vous y fiez pas. Le livre que vous avez remis à M. Boissier m’arrive tout écorné et bien mal relié.
1. Réponse à une lettre du 3 septembre du P. Galabert qui en accusera réception le 6.