DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.479

Elle manque de simplicité en ne lui donnant pas toutes les explications qui lui permettraient de mieux la comprendre. – Si elle veut être réellement humble, qu’elle soit simple et fasse confiance à son expérience. – « Pourquoi suis-je donc religieuse sinon pour être épouse et victime? ».

DR03_479
1632
DERAEDT, Lettres, vol. 3, p.479
Orig.ms. ACR, AL 351; D’A., T.D. 36, n. 10, pp. 84-85.

[Nîmes, vers le 13 juillet 1861](1).
13 jul 1861
Nîmes
*Soeur Marie des Anges.*

Ma bien chère enfant,

Puisque l’humiliation vous est bonne, il faut en user. Vous n’êtes pas assez simple, vous n’expliquez pas dans votre lettre les pénitences qui vous ont le plus impressionnée, et il est difficile d’y comprendre quelque chose, si vous ne l’expliquez pas mieux. Quand une fois on met la main à l’oeuvre, il faut que ce soit tout de bon, et c’est pour cela que je vous conjure de parler un peu plus rondement. Quand Notre-Seigneur voulut passer par les opprobres de la croix, il y mit plus de simplicité. Si vous voulez être réellement humble, soyez simple, tenez peu à votre volonté. Je vous demande un peu ce que peut être une expérience de vingt-quatre ans, – [en] avez-vous seulement vingt-quatre? – et elle n’avait pas commencé, je suppose, dans le sein de votre mère. Croyez, dès lors, un peu plus à celle des autres.

J’ai vu avec joie que Soeur Marie-Bernard vous aime beaucoup. Il faut que, de votre côté, vous soyez une fille très soumise. Donnez-vous à notre bon Maître dans l’oraison, mourez un peu à vous-même et dites-vous souvent: « Pourquoi suis-je donc religieuse, sinon pour être épouse et victime? »

Tout vôtre, ma fille, en Notre-Seigneur.

1. Note de la correspondante: « Reçue le 15 juillet 1861 ».