Ma bien chère fille,
Je prie du fond du coeur pour votre petite nièce, et je demande à Dieu de n’en faire un petit ange tout de suite que dans le cas où elle risquerait de n’être pas plus tard, une sainte. Nous ne sommes plus jeunes. Voilà la conséquence des fatigues que les voyages nous imposent. Cela prouve que la fin de la course approche et qu’il faut regarder le ciel(1).
Je regrette la retraite de M. Lalanne(2): cela fera un mauvais effet. Je pense aller voir vos filles de Bordeaux vers le 17 août, mais je ne ferai que passer un jour, le 18. J’ai mis ce matin Soeur M. du Sacré-Coeur en relation avec une personne qui a ses grades, et qui veut se vouer à l’oeuvre des religieuses orientales(3). Mgr Brunoni me propose q[uel]q[ues] personnes, de son côté.
Vous saviez l’état de santé de l’évêque de Nîmes; il est aux Eaux-Bonnes. On tient, à Poitiers, à la retraite pour le 19(4). Dans ce cas je resterai ici jusqu’à cette époque et vous arriverai pour le 25; je verrai vos Soeurs de Lyon au retour. Je tiens à la Soeur musicienne dont vous m’avez parlé(5); cela nous évitera une foule d’ennuis que je prévois. Soeur M.-Aug[ustine] est toute joyeuse; elle m’affirmait ce matin qu’elle ne vous avait jamais dit un mot pénible, attendu que lorsqu’elle consentait à venir, elle se mettait en présence de Dieu. Elle voudrait beaucoup se mêler de l’Orient, je l’en écarte. Soeur Fr[ançoise]-Eug[énie] est toute ouverte.
Adieu, ma fille. Veuillez prier beaucoup pour le noviciat. Si Dieu le bénit, comme il a béni notre Chapitre général, ce sera trop beau. Je ne serais pas surpris si à la fin des vacances nous avions 12 novices. Il est vrai qu’à cette époque quelques religieux devront faire leurs voeux.
Adieu et tout vôtre en Notre-Seigneur.

