Mon bien cher ami,
Je pars demain pour Le Vigan et j’anticipe d’un jour ma lettre. J’ai reçu votre n° 10, où vous me donnez les indications nécessaires pour vous expédier certains objets. J’en profiterai, quand tout ce qu’on vous destine sera fini. Je ne compte pas partir [tout] de suite et je renvoie définitivement au 7 ou 8 juin, si les affaires alors ne sont pas embrouillées. Préparez-moi donc quelques novices, que je puisse ramener en France ou qui puissent m’y suivre le plus tôt possible.
Le P. Jérôme a été un moment ébranlé, mais j’espère que je l’ai remis à flot. Le Frère Joseph(1) nous quittera très probablement, mais ce ne sera pas une très grande perte. Faites bien toutes mes tendresses à nos Frères. Si Mgr Canova n’est pas encore parti, veuillez lui offrir mes hommages et lui dire que, très probablement, je le verrai à Rome; car, si je suis l’itinéraire que vous me tracez, je pourrai m’en revenir par là.
Adieu, cher ami. Mille et mille fois vôtre.

