Ma chère fille,
Je n’ai qu’un moment à moi pour vous dire:
1° Que je vais remettre à Jos[éphine] Fab[re] la somme que j’ai reçue pour Soeur M.-Charlotte(1).
2° Que je vais tâcher de faire ici la maison d’Oblates ou Tertiaires, comme il vous plaira(2). Quand vous viendrez, je vous expliquerai mon plan, qui doit être combiné de façon à ce que cela ne vous coûte rien.
3° Quant au costume, j’aurais voulu qu’il se rattachât par quelque chose à celui de l’Assomption, comme dans tous les Tiers-Ordres(3). Les Tertiaires dominicaines et franciscaines ont la guimpe et le voile, et j’ai horreur de l’affreuse bavette que vous avez donnée à votre Oblate de Paris, mais ceci n’est qu’un détail. Je compte louer une petite maison entre l’Assomption et le prieuré, puis nous verrons.
Je ne quitte pas Nîmes, sauf le jour de l’an, d’ici à Pâques. Nous sommes trop peu nombreux pour que je m’éloigne.
Adieu, ma chère fille. Priez pour moi. Je m’arrange pour profiter de mon cabinet au prieuré, pour y passer mes après-midi.
Tout vôtre en Notre-Seigneur.

