DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 186

Prudence dans sa correspondance avec les enfants de l’Assomption. – L’humilité, titre de gloire de Marie, est le propre d’un Frère convers.

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DERAEDT, Lettres, vol.5 , p. 186
Orig.ms. ACR, AK 299; D’A., T.D. 33, n. 1, p. 220.

Nîmes, 8 nov[embre 18]64.
8 nov 1864
Nîmes
*Frère Jacques*.

Mon bien cher Frère,

Votre bonne lettre est restée sans réponse par l’effet des tristes préoccupations que m’a données la mort de mon père. Je vous remercie de me donner autant de détails sur votre intérieur. Je vois avec plaisir que vous ne vous faites pas illusion. Laissez-moi vous recommander la prudence la plus absolue dans vos rapports et la correspondance avec les enfants de l’Assomption et de Philippopoli. Vous avez eu certains reproches à vous faire et vous ne vous doutiez pas du mal énorme que vous auriez fait à la Congrégation, si certaines de vos lettres en vers ou en prose étaient tombées en de certaines mains, comme cela vient d’arriver en Angleterre, où tous les journaux se moquent de la lettre d’un religieux, protestant il est vrai, à un enfant et où pourtant il ne dit rien de plus que ce que vous-même avez pu écrire. Je sais que, de votre part, il y avait plus d’enfantillage que de tout autre chose, mais enfin c’était un peu trop fort.

Je vais, d’ici à quelque temps, vous envoyer un Frère convers, si je ne vous le conduis pas moi-même. Mais je vous supplie de vous souvenir que l’humilité est le propre d’un Frère convers. C’est le plus beau titre de gloire de la Sainte Vierge.

Adieu, cher enfant, et mille fois vôtre en N.-S.