Ma chère fille,
Je sais que vous avez été très occupée; pourtant je voudrais bien que vous pussiez me dire si, quand et quelle Soeur vous croyez me prêter pour les Oblates(1). Je serais bien aise qu’elle fût au Vigan pour le 24, mais cela n’est pas indispensable. Mais enfin il serait utile que si vous pouvez donner quelqu’un, ce fût le plus tôt possible.
Je me sens en ce moment une grande tendresse pour votre âme et une grande joie à la pensée que je pourrais lui faire du bien. Mais puisque je vous ai tant fait souffrir, examinez devant Dieu si nos rapports doivent continuer ou si je ne suis plus l’ouvrier qui doit travailler à vous donner la perfection(2). Je crois être assez humblement votre ami pour accepter que vous me disiez: « Mon Père, je n’ai plus besoin de vous ». Si, au contraire, je dois être l’appui de vos dernières années, dites-le aussi; j’y ai de l’attrait, mais sans autre préoccupation que de faire ce que je crois agréable à Notre-Seigneur. Il est la source de toute affection, il m’en donne énormément pour votre âme, avec quelque chose de plus fort et de plus simple à la fois. Voyez ce que je dois vous être. Mais il me paraît qu’il est utile d’en finir avec tous nos malentendus pour marcher en confiance, simplicité, ouverture et cordialité.
Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.

