Vous êtes, je le présume, arrivée à Nîmes, ma chère enfant, et j’ai le regret de ne pas y être. J’espère bien vous y voir cependant avant la fin de la semaine. Je présume partir jeudi matin ou jeudi soir; je verrai. Mais il faut vous faire pratiquer vos fonctions de protectrice de nos Oblates(1). On m’a remis 50 francs pour un voile à mettre sur le tabernacle. Je vous charge de me le faire faire. Voici les mesures: ce sont deux petits rideaux se joignant sur la porte du tabernacle; ils doivent avoir 60 centimètres de haut sur 55 centimètres de large. Si vous pouvez y joindre une bordure et un galon ou une frange, ce sera pour le mieux. Voyez comme je cherche à vous occuper de tout ce qui m’intéresse.
Les chaleurs m’avaient, il y a quelque temps, surpris au Vigan, et je croyais qu’il faisait aussi chaud au Vigan qu’à Nîmes. Mais quand je suis arrivé à Nîmes, je me suis aperçu qu’il faisait bien plus chaud à Nîmes qu’au Vigan, et, depuis mon retour dans nos montagnes, je m’aperçois qu’en effet la température y est bien plus supportable. Ah! que je voudrais que votre soeur Jeanne eût besoin de respirer un air frais!
Quelles impressions rapportez-vous de votre voyage? Commencerez-vous à vous faire à cette vie plus calme de sa chambre et de son lit de tous les jours?
Adieu, ma bien chère fille. Mille fois à vous en Notre-Seigneur.

