Mon bien cher ami,
Veuillez d’abord dire ou écrire à Mgr Brunoni que je lui fournirai autant de messes qu’il voudra. Je lui en offre 500; qu’il fasse traite sur moi, à Nîmes ou à Marseille, pour le 15 septembre, en me faisant prévenir. L’argent lui sera remis à cette époque. J’espère lui en fournir, sinon autant tous les mois, au moins tous les deux ou trois mois.
Voulez-vous me donner huit jours sur la question de savoir si vous devez m’envoyer le petit Bulgare(2)? Tout d’abord je préférerais qu’ils fussent deux pour leur voyage, afin qu’ils se soutinssent réciproquement. Que vous dirai-je de l’achat d’un terrain(3)? Croyez que je vois là le salut de votre oeuvre et de notre futur séminaire. Je prépare de loin les fonds. Si ce vilain P. Picard voulait me fournir quelque chose des 100.000 francs qu’il me doit! Vendre en ce moment est impossible. Toutefois, cette pénurie ne peut durer. J’aurai quelques sous, ils seront pour vous. Cherchez toujours sans rien dire un bon emplacement, bien situé, et à la garde de Dieu! Encore une fois, il ne peut tarder indéfiniment que j’aie quelques ressources. Ne vous fiez pas aux vers à soie. Les filateurs, ici, comptent pour l’an prochain sur une diminution du prix des cocons. Je vous dis ce que tout le monde dit ici.
Le Frère Alexandre ne peut être religieux de choeur, il ne peut être que Frère convers; on a dû le lui signifier aujourd’hui, mais pour cela encore attendons huit jours. J’ajourne aussi à huit jours votre voyage(4). Il vous faudra un peu d’argent. Laissez-moi consulter mes recettes extraordinaires, car les recettes ordinaires ne me permettraient pas de dire oui.
Nîmes vient d’avoir un triomphe aux élections municipales(5). Le préfet a été battu. Ceci présage autre chose.
Nous avons 10 Oblates en herbe; avant janvier nous en aurons probablement 20. Nous ne vous les enverrons que quand elles seront formées. Adieu. Courage! Soyez tous les quatre, quatre saints. Je vous embrasse avec la plus tendre affection.

