Bon jour, bon an! Vous êtes prévenu que, si je ne reçois pas vos tonneaux d’ici à trois ou quatre jours, le vin qu’on vous destine sera vendu: par la raison toute simple que le tonneau est à moitié vide, qu’il menace de tourner, ce que je ne veux pas. Il faudra, une autre année, envoyer à l’avance vos tonneaux vides, sans quoi l’on s’expose à de véritables pertes.
Vous avez admirablement fait de parler rondement aux novices, vous auriez mieux fait de me donner l’adresse de la diligence du Vigan à Montpellier. Si je l’avais sue, je ne me serais pas adressé à vous. Comprenez-vous cela? Je vous souhaite tout de même une bonne année et je vous prie de me rendre la pareille. A vendredi(1) matin pour le reste de la conversation.
Ceci est ma deuxième lettre et l’éloquence la plus féconde a son terme(2), à moins que vous ne vouliez que ma muse vous arrive ainsi, car dans la maison de Nîmes on a la prétention que les mots mis ainsi font des vers de bonne façon. En cherchant bien ils disent qu’on trouve la rime. Je ne sais s’ils ont trouvé la raison.

