DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 96

J’ai bien prié pour vous. – Quand vous serez au ciel, il faudra vous établir mon procureur fondé…

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DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 96
Orig.ms. AC R.A.; D’A., T.D. 35, n. 16, p. 18.

Le Vigan, 19 juillet 1866.
19 jul 1866
Le Vigan
*Soeur Camille-Stanislas*.

Ma bien chère fille,

Etes-vous encore de ce monde? J’ai bien prié le bon Dieu pour vous, hier, ainsi que saint Camille de Lellis. Est-ce votre patron? Enfin je l’ai prié. Vous savez que sa grâce spéciale était d’aider à bien mourir. Il me semble qu’il vous doit quelque chose de tout particulier pour avoir porté son nom. Quand vous serez au ciel, – et je vous promets de vous aider, autant que je le pourrai, à y arriver le plus vite possible, – il faudra vous établir un peu mon procureur fondé pour faire bien des affaires que je me propose de vous confier. Quant à l’apparence trompeuse que vous me dites avoir, ce n’est pas précisément là ce qui m’inquiète. Je ne vous crois pas encore un ange, mais je vous crois parfaitement capable de devenir un séraphin. Le tout est que vous le vouliez bien fort.

Adieu, ma bien chère enfant. Je prie bien pour vous, et, en attendant votre délivrance, je demande à Notre-Seigneur la patience, la résignation et une confiance sans bornes en son amour.