DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 109

Le P. Jérôme verra Svegliati. – La défense de M. Véron relative aux mutations à faire dans les couvents. – Vos filles de Nîmes. – Mère M.-Madeleine et le P. Hippolyte.

Ma chère fille,

J’arrive, mais dans un moment je serai en retraite. J’ai pourtant deux choses à vous dire. La première est que le P. Jérôme(1) a passé hier la journée à Nîmes; il sera dans dix jours à Rome. Je l’ai prié de voir Svegliati et de lui dire que si on lui écrit sur votre tyrannie et votre peu de sincérité, il peut me consulter confidentiellement. La deuxième, c’est que vous feriez peut-être bien de choisir votre moment pour dire ou écrire à M. Véron qu’il vous est impossible d’accepter sa défense relativement aux mutations à faire dans les couvents(2); que si tous les évêques faisaient la même défense pour leurs maisons, le gouvernement serait impossible; que vous consentez à en référer à lui provisoirement, quand une religieuse envoyée par vous croira qu’on la change par mauvaise volonté, mais qu’une fois les choses rentrées dans l’état normal, s’il persévère dans son idée, vous êtes résolue: 1° De consulter Rome; 2° de porter le noviciat dans un autre diocèse.

Dans la mesure que je vous propose et les termes que j’indique, il est impossible qu’il ne soit pas obligé de réfléchir. Enfin, voyez ce qu’il y a de pratique dans mon conseil.

J’ai vu hier soir vos filles de Nîmes, je suis de plus en plus content de Soeur M.-Gabrielle. Je viens de dire la messe à Rochebelle. J’y ai vu la Mère M.-Madeleine, qui, je crois, commence à mieux s’entendre avec le P. Hippolyte. Adieu, ma chère fille. Il y a quelques torts de part et d’autre, mais le P. Hip[polyte] ne les a pas tous. La pauvre Soeur M.-Madeleine fait quelques gaucheries, involontaires à coup sûr, mais tout ce qui est un peu intelligent parmi ces filles ne lui va guère. Il n’en est pas moins vrai qu’elle rend d’inappréciables services.

Mille fois vôtre, ma fille. Que les liens de saint Pierre vous protègent contre les attaques de certains démons!