DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 211

Forte grippe. – Pénétrez-vous de la réalité de l’être de Dieu et du mensonge de tout ce qui n’est pas lui. – Que puis-je vous souhaiter de plus que la paix de Dieu? – Apprendre à donner Jésus-Christ par vous, et moins votre pensée et votre volonté propre. – Clichy.

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DERAEDT, Lettres, vol.6 , p. 211
Orig.ms. ACR, AD 229; D’A., T.D. 23, n. 911, pp. 240-241.

Lavagnac, 9 janvier 1867.
9 jan 1867
Lavagnac

Ma chère fille,

A peine suis-je venu prendre ici un peu de repos que j’ai ressenti la fatigue du travail, un peu excessif, que j’ai dû faire ces derniers temps. Cela s’est traduit par une forte grippe, qui me retient presque absolument prisonnier, avec un violent mal de tête qui n’a rien d’agréable. Je vous félicite de pouvoir faire votre retraite et je vous trouve bien heureuse de sentir le voisinage de Dieu(1); profitez-en pour vous pénétrer de la réalité de son être et du mensonge de tout ce qui n’est pas lui. Je vous vois avec un immense bonheur vous apaiser sous sa main; et, au fond, que puis-je vous souhaiter de plus que sa paix? Il est bien extraordinaire qu’il faille tant de temps pour comprendre toute l’étendue de ce mot.

Je vous souhaite d’apprendre à donner Jésus-Christ par vous, et moins votre pensée et votre volonté propre; c’est un grand piège pour les supérieurs. Je dirai ces jours-ci la messe pour vous, afin que Notre-Seigneur vous dise ce que je ne vous dis pas.

Adieu, ma fille. Mille fois à vous, avec un désir que je ne puis dire de vous voir devenir une très grande sainte.

Si, dans vos combinaisons, vous pouvez aider le P. Picard à vendre Clichy, vous me rendrez un immense service. Je m’occupe ici de la vente de Montmau.
1. « Il me semble qu’il y a longtemps que je n’ai vu si clair dans mon âme […] et que Dieu me rend en échange de mes regrets plus d’espérance intime de le retrouver au-dedans de moi-même », avait écrit Mère M.-Eugénie le 4 janvier.