Mon bien cher ami,
De concert avec le P. Vincent de Paul, je crois devoir laisser M. Bouchet aller passer un an ou dix-huit mois à Philippopoli(1). Il faudrait voir s’il ne pourrait, par M. Soubiranne, obtenir le passage gratuit. De plus, comme M. de Moustier(2) connaît parfaitement l’Orient et qu’il doit comprendre l’importance d’un dictionnaire français-bulgare, si on pouvait donner à M. Bouchet la mission de faire ce dictionnaire avec le P. Galabert, ce serait une excellente chose. Voyez, ingéniez-vous. Je crois que nous pouvons tirer un excellent parti de ce grand original. M. Bouchet sait le latin, le grec, l’hébreu, l’italien, l’espagnol, l’allemand et l’anglais. C’est vous dire la facilité qu’il possède pour les langues. Vous dire que nous ne sommes pas dans le plus grand embarras serait mentir; mais puisque l’idée lui chante de ce côté, il faut bien s’y résigner.
Adieu, cher ami. J’ai une autre lettre commencée pour vous, mais celle-ci fait bande à part.
Totus tibi.

