Je suis un misérable, ma chère enfant, de ne pas vous avoir défendu d’aller à la procession de Sainte-Perpétue. Enfin, vous n’en êtes pas morte, Dieu soit béni. Oui, il faudrait caser Soeur M.-Joseph(1), mais où? En se donnant un peu de peine, on trouverait ici bien des vocations, je vous assure, plus qu’on ne pense. Après-demain, une personne assez instruite doit venir me parler, mais il faudrait avoir ma liberté et n’être plus grand vicaire; cela viendra.
Nous n’avons aucune nouvelle de Jean. Les 3.000 francs rendus à Mme votre mère viennent de je ne sais où. Hélas! ils ne prouvent rien(2). Seulement, je constate que le P. Hippolyte a toujours l’air de croire que l’oiseau reparaîtra quelque jour; moi, j’en doute, mais je puis me tromper. Que vous avez raison, mon enfant, de vous élever avec les pensées et les sentiments de la foi et de l’amour! Votre vie, c’est d’aimer. Aimez N.-S. et faites tout pour lui, souffrez, soignez-vous pour lui. Dieu veut que nous nous soignions. Quand même ménageons nos forces pour le travail. Mais l’amour de N.-S. doit tous les jours davantage posséder votre âme.
Adieu, ma bien chère enfant. Si vous saviez comme ces quelques jours d’absence me font sentir ce que vous m’êtes, vous voudriez me voir toutes les semaines.

