Voici deux lettres, ma chère fille. Je voudrais que celle pour Soeur M.-Marguerite partit par la première occasion. Je tiens à cultiver l’Angleterre. Si vous voyez M. Gay, dites-lui que les procédés de M. Le Rebours font le pire des effets dans nos pays. Il ne se figure pas, le saint homme, ce qu’il attire sur lui de tristes impressions. Dieu nous préserve de faire le bien à la façon de certaines gens!
L’évêque de Poitiers(1) poursuit son système, il agit à part. Peut-être a-t-il raison, et je suis assez tenté de l’imiter. A ce point de vue, si M. Gay ne voit pas de très grands avantages à ce que je sois consulteur, supposé que je puisse l’être, j’aime autant ma liberté. Un consulteur est tenu au secret. Il me paraît qu’il faut ici pouvoir parler. Qu’en dites-vous? Examinez, je vous prie, cette question avec M. Gay. Je profite des examens pour parler latin à force, et je pense que, toutes les fois que j’y penserai, je parlerai latin ou j’écrirai latin à mes religieux.
J’apprends avec bonheur que Soeur Marie-Claire va beaucoup mieux. Il paraît que Jean n’est pas entièrement perdu(2). Une fois qu’il faut accepter que le P. Hippolyte a voulu le garder au Vigan, je vois avec bonheur qu’il ne s’est pas trop compromis.
Adieu, ma chère fille. J’ai cette semaine six heures d’examens par jour(3); il y a de quoi se briser un peu la tête. Je voudrais bien savoir les idées de Mgr Manning sur le concile. S’il a publié quelque chose, faites-le moi donc connaître(4).
Mille fois à vous, avec [un coeur] un peu bien tendre, mais une tête un peu fatiguée par les chaleurs.

