Je suis, cher ami, triste et peiné de ce que vous me dites du Père Augustin, mais non pas surpris(1). Que faire? Je vous le reprendrai et le remettrai à Arras. Mais pourrez-vous vous passer d’un remplaçant? Je n’en ai pas pour le moment. Vous savez que je ne prends pas de religieux avec moi à Rome. C’est triste de ne pouvoir faire face à tout. Ainsi, à moins d’impossibilité de remplacer le P. Augustin pour ses messes, envoyez-le ici, si vous le voulez. Vous pouvez également l’envoyer au Père Hippolyte pour l’Espérou, mais je tremble un peu. Vous parlerez au Père Hippolyte. Le meilleur serait peut-être de l’envoyer d’abord au noviciat puis à Alais. Ce sont deux étapes qui feront gagner du temps.
Votre lettre servira de rapport pour le Père Halluin(2). Si je viens vous voir, ce sera le 30 octobre, pour trois ou quatre jours au plus. Il ne faut pas songer à ce que j’aille à Arras. Je vois bien qu’il ne faut pas vous tirailler pour avoir les intérêts(3). Puisque le bon Dieu m’envoie une belle récolte en vin, nous tâcherons de nous tirer d’affaire autrement.
Vous savez que le dernier chiffre d’élèves avoués par le P. Emmanuel est 239, chiffre modeste qui dit bien moins que 240. Eux aussi crient victoire; cette fois je les laisse crier. Je viens de me décider à acheter un terrain à Alais, c’est une joie universelle(4). On m’a donné une belle somme, et, pour les intérêts du reste, les souscriptions couvrent à 100 francs près en déficit ou en boni.
Adieu, cher ami. Je ne vous parle pas du P. Hyacinthe. En dernière analyse, cela fera du bien, malgré la joie des protestants d’Alais et d’Anduze. Adieu, et tout vôtre en N.-S.

