DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 10

Trois personnes qui vous aiment bien – Soyez assez humble pour ne plus tant vous défier de vous – Le P. François.

DR11_010
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DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 10
Orig.ms. ACR, CV 57; D’A., T.D.34, p.45bis.

Nice, 4 janvier [18]75.
4 jan 1875
Nice

Le P. V[incent] de P[aul], cher ami, m’a en effet porté vos voeux. Je n’en suis pas moins ravi de voir votre écriture et de vous envoyer un peu de la mienne. Vous pouvez vous vanter d’avoir à Nice trois personnages qui vous aiment bien. Le P. Picard va mieux et le P. V[incent] de P[aul] malgré son nez rouge, mais qui dérougit, se remplume très considérablement(1).

Le temps est ici admirable: le 31 décembre et le 1er janvier, nous avons dîné les fenêtres ouvertes.

Ne dites pas que vous devenez lent de corps et d’esprit, parce que ce n’est pas vrai. Le P. Picard et le P. V[incent] de P[aul] comptent sur vous pour une foule de choses qu’ils m’ont énumérées longuement. Seulement soyez assez humble pour ne plus tant vous défier de vous. Dieu nous trace notre voie et nous devons la suivre. Or, vous pouvez, et par les confessions et par les oeuvres ouvrières, faire un très grand bien. Je vous conjure de vous arranger pour avoir toutes vos matinées libres à la maison. Ce sera le meilleur moyen d’avoir bientôt votre confessionnal occupé.

Si vous pouvez décider le P. François à éviter les cancans et à se convaincre de la nécessité d’étudier, vous ferez un grand miracle; pourtant on trouve qu’il va beaucoup mieux sous certains rapports. Tandis que vous devriez vous défier de votre défiance, vous devriez lui persuader d’être lui-même un peu plus défiant de lui-même.

Adieu, cher ami. Nous vous embrassons bien tendrement tous les trois.

1. Le P. Picard se repose à Nice depuis la fin d’octobre, le P. d’Alzon s’y trouve depuis le 9 décembre et Vincent de Paul y est arrivé le 29 du même mois. Mère Marie-Eugénie pour sa part y avait passé la première quinzaine du mois. Quant à la lettre du P. Pernet, nous n’en disposons plus.