DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 165

Condoléances pour la mort de sa mère – Que peut-on attendre des catholiques libéraux? – Une association pour la défense des droits de l’Eglise – Un léger mieux chez Monseigneur – L’abbé Combalot.

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DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 165
Orig.ms. ACR, AI 99; D’A., T.D.31, n.99, p.90.

Rome, 30 janvier [18]70.
30 jan 1870
Rome

Je vous ai écrit hier et avant-hier, cher ami, mais une dépêche de votre frère m’apprend que le sacrifice pour vous est consommé, et je tiens à vous dire combien je souffre avec vous. Que Dieu traite Madame votre mère avec sa très grande miséricorde, je n’en ai pas le moindre doute. J’ai prié pour elle -et je prierai encore- à la messe que j’ai dite pour elle, ce matin. Hélas! que de séparations! Je les ai éprouvées, moi aussi, mais enfin quand on a l’espérance, on est bien plus fort que ceux qui n’ont rien.

Votre frère m’écrit que les choses ne vont pas brillamment à Paris, et pour moi je n’en suis pas surpris. Et puis que peut-on attendre des catholiques libéraux? Nous aurions à la tête des cultes les amis d’Orléans et tutti quanti. J’estime qu’il importe de faire une association pour la défense des droits de l’Eglise. Cette idée me trotte depuis longtemps; voici le moment de la réaliser. Ce serait le développement de ce que je vous ai écrit hier. Mais je ne voulais vous parler que de votre douleur, et franchement en ce moment je suis si dérangé que je n’ai pas une minute. Il y a un mieux très faible chez Monseigneur.

L’évêque de Tarbes vient de mourir. Le cardinal de Luca(1) a demandé au Pape la permission pour l’abbé Combalot, à qui l’évêque de Marseille(2) refuse la chaire de la Trinité, la permission de prêcher à Sant Andrea della Valle pendant le carême. Le Pape l’a accordée avec joie et accepte le calice que l’abbé Combalot vient lui offrir.

1. Card. Antonio De Luca (le P.d’Alzon écrit presque toujours de Lucca), préfet de la Congrégation de l’Index. 2. Charles-Philippe Place, depuis 1866.