Mon cher ami,
Vous ne m’avez rien répondu au sujet de M. de Beaucourt(1). Est-ce que vous êtes malade, ou bien trop occupé? Voici ce que je lui écris. Lisez et envoyez, si vous ne trouvez pas ma lettre trop forte, [sinon] gardez-la et parlez-lui(2). Au séminaire français, on pourrait avoir un centre précieux, le séminaire étant composé de jeunes prêtres de tous les points de la France.
Que vous dire de l’état présent? Les gallicans sont tous les jours plus furieux, et les Romains, qui semblent patauger à qui mieux mieux, excitent la colère des bons. Les présidents, sauf Capalti, sont amoindris. Voilà la situation. Pour se consoler, il faut penser que le concile ne sera fait que par le Saint-Esprit. Aujourd’hui on distribue le schéma sur l’infaillibilité; mais que nous avons peu sujet de nous en réjouir, non quant à sa rédaction, mais à cause des conditions dont il est entouré! Je crois que le bon Dieu veut nous faire passer tous par une très salutaire humiliation. Je vous conjure de prier et de faire prier de la manière la plus sérieuse.
Adieu, cher ami. Croyez-moi bien vôtre.

