DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 399

Appel aux ordres – Le discours de Valerga au concile.

Cher ami,

Il vous faut appeler [le] Fr. Jules aux ordres mineurs, et au sous-diaconat [le] Fr. Claude, si sa tête s’est un peu solidifiée, mais en le prévenant de ce qui peut lui arriver; [le] Fr. Jean-François pour la tonsure, Frère Emile, Frère André item. Puis vous les ferez inscrire pour les faire ordonner, en vertu du Bref qui m’a été accordé le 1er avril 1870 à l’effet de présenter 20 sujets(2). Vous les inscrirez comme ordonnés en vertu de ce Bref. Vous inscrirez de même ceux que le P. Hippolyte vous enverrait, et vous prieriez votre frère de vous indiquer ceux qui seraient ordonnés à Paris ou à Arras, en les faisant ordonner en vertu de la même autorisation. Il me tarde que la liste des 20 soit comblée au plus tôt.

Décidément je ne serai pas à Nîmes pour la Saint-Pierre, à moins d’un miracle. Toutefois on commence à appeler les Gallicans des hérétiques matériels. Valerga le leur a dit hier très carrément avec un talent admirable. Il a suivi l’histoire des monothélites; a montré Louis XIV d’un côté; Héraclius de l’autre; d’une part l’édit de 1682, de l’autre l’Ecthèse(3); il a comparé les observations d’Orléans aux lettres de Sergius; il a fait voir que le monothélisme avait été implicitement condamné à Chalcédoine, et que le gallicanisme l’était aussi implicitement aux conciles de Lyon, de Florence et de Latran; il a conclu en disant: l’infaillibilité n’est pas encore de foi définie, mais elle est de foi révélée(4). C’est pour cela que nous communiquons encore avec les Gallicans, comme Sophronius de Jérusalem communiqua avec Sergius et Cyrus(5) parce que la condamnation n’avait pas été portée et définie au concile. Addio.