DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 460

Une absence ferait plus de mal que de bien – Encore quelques jours – Une photographie.

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DERAEDT, Lettres, vol.8 , p. 460
Orig.ms. AC O.A.; Photoc. ACR, AH 417; D’A., T.D.30, n.330, p.154; QUENARD, p.191.

Rome, 4 juillet [18]70.
4 jul 1870
Rome
*La Mère Emmanuel-Marie de la Compassion.*

Votre lettre, ma fille bien aimée, me remet du sang dans les veines. Qu’avez-vous donc eu que M. votre père veuille vous reprendre chez lui? Si c’est pour cela que le Père Emmanuel veut vous proposer de vous abstenir de la direction de la maison, dépêchez-vous de la reprendre. Toutefois, vous le savez, si vous croyez une absence momentanée nécessaire, je ne m’y oppose pas; seulement je me permets de penser que votre absence vous fera plus de mal que de bien. Mais, vous le savez, ma fille, j’ai trop confiance en vous pour ne pas, sous ce rapport, m’en rapporter à vous. Ainsi, causez avec M. votre père. Si réellement il croit nécessaire de vous prendre chez lui et que vous soyez de son avis, ne m’attendez pas. Si, au contraire, vous préférez rester au milieu de vos filles, ce n’est pas moi qui vous dirai de les quitter.

Enfin, on a eu la clôture, ce matin(1). Il faut encore quelques jours. Si les Romains étaient d’autres hommes, cela ne ferait pas un pli: dimanche tout serait fini. Mais on nous menace d’une partie de la semaine jusqu’au 16 ou 19; le 19 est l’avis de Poitiers. Enfin, Dieu est bon et nous nous reverrons. Adieu, ma fille.

Puisque vous aimez les photographies, je vous en envoie une. Je ne sais si elle aura l’air intelligent nécessaire pour vous faire du bien.
1. Deux orateurs prononcèrent leur discours qui fut bref. Les autres renoncèrent à parler et la discussion du chapitre IV fut close. Il faisait vraiment trop chaud…