Bien cher ami,
Permettez-moi de vous demander une explication. Quand le Frère Jules a dû partir pour Rome, n’était-il pas convenu que vous vous chargiez d’y pourvoir à son entretien? Je l’avais ainsi compris, et j’ai chargé ce bon enfant de vous le répéter, à son voyage à Paris, pour fuir les malentendus. Si je ne me suis pas trompé, envoyez au plus tôt des fonds, dont il a un urgent besoin. Si je suis dans l’erreur, prévenez-moi au plus tôt, afin que je ne m’engage pas dans une dépense que je ne peux pas faire; je le rappellerai immédiatement.
Nous avons été battus, et bien battus. Il ne faut pas se le dissimuler. L’Internationale fait les plus effrayants progrès(1). J’ai voyagé ce matin, en revenant d’Alais, avec quelqu’un qui m’a fourni les preuves écrites de l’action des internationaux dans le département. Il faut absolument que nous redoublions de travail pour les arrêter, s’il en est temps encore.
Le Père Alexis écrit que Rome est dans un calme relatif. J’ai bien à faire, et, pour vous écrire, je me prive d’une soirée avec Cathelineau(2). Au fait, je n’ai pas grand mérite. Je connais peu de centres aussi importants en France qu’Alais, et je m’applaudis d’y avoir pris pied.
Adieu, cher ami. Tout vôtre en N.-S.

