Mon cher ami,
J’ai reçu hier votre lettre. Je vous félicite d’avoir fait nommer le Père Athanase confesseur. Quant à Soeur Augustine, nous ne la retiendrons pas. Vous souffrez(1); nous aussi, nous sommes dans tous les embarras. Toutefois quant à vous, rassurez-vous. J’ai fait prêcher à Nîmes deux retraites par M. Payan d’Augery. Il pense que M. Soubiranne, sacré dimanche prochain(2), vous donnera un beau petit cadeau. M. Laverrière(3) fera quelque chose. Avant-hier, le diocèse de Nîmes se trouvait avoir donné à la Propagation de la foi pour [18]71, 52.000 fr[ancs](4). C’est assez beau pour obtenir quelque chose en faveur des Nîmois. Quant à moi, laissez-moi vendre et vous verrez, mais il faut quelques mois de patience. Nous marchons vers une situation bien grave. Qui sait si l’Assomption ne devra pas se réfugier à Andrinople. Quoiqu’il en soit, veuillez dire à Soeur Valérie, que je ne lui écris pas aujourd’hui parce que la Supérieure doit lui écrire pour cette fois. J’ai prêché énormément ces jours derniers, et deux fois par jour, soit à Alais, soit ici à la cathédrale. Je suis un peu fatigué.
Adieu, et tout vôtre.

