Mon cher Michel,
J’étais absent quand ta lettre m’est arrivée. Tu penses si, moi aussi, je suis brisé de la mort de ton oncle(1). Peut-être Dieu a-t-il voulu lui épargner le spectacle de très grandes épreuves. Peut-être aussi a-t-il voulu te faciliter ton entrée parmi nous. J’avais causé de toi longuement avec lui, dix jours avant sa mort. Il était venu me demander à déjeuner. Il avait, selon moi, été un peu sévère à ton égard; il ne comprenait pas, comme mon habitude des jeunes gens me le fait comprendre, que certaines têtes et certains coeurs ont des hauts et des bas.
Prépare-toi pour venir vers le mois d’août, que je compte passer au Vigan. D’ici là, prépare-toi par la prière et la pénitence. Si tu peux faire des recrues, ce sera une très bonne chose.
Adieu, cher fils. Je t’embrasse bien tendrement.

