Ma chère fille,
Je vous remercie des renseignements que vous voulez me donner. Je suis à peu près résolu de ne pas paraître cette année à Paris, et c’est à vous à voir si vous ne feriez pas mieux de charger un autre que moi de votre retraite(1). Si vous me voulez toujours, il faut me permettre de l’ouvrir le 25 août, afin que je puisse être à Nîmes le 10 septembre, car j’aurai bien à faire pendant la fin de ce mois.
Si vous aviez l’occasion de revenir sur les dispositions de l’archevêque ne pourriez-vous pas dire que je songe si peu à établir mon action à Paris que j’ai refusé des sommes, que l’on m’offrait pour y faire arranger un appartement plus convenable, et que je viens d’acheter de l’évêque de Nîmes un local pour m’installer? Ce fait pourra frapper d’autant plus qu’à part Nîmes ce que je ne ferai pas de près, je le ferai de loin.
Je crois que si la Mère M.-Gabrielle veut être maîtresse de toutes les dames de Nîmes, elle le peut. L’oeuvre de Notre-Dame de Salut est composée d’une ou deux dames de toutes les petites sociétés de Nîmes, de sorte qu’elle peut tenir tout le monde dans sa main. Que je vous félicite du départ de Mme de L.; seulement prenez garde que dans sa fureur elle ne parle un peu trop.
Numa Baragnon a vu deux ou trois fois le ministre pour la trésorerie(2). Réussira-t-il? Voilà l’abbé de Cab[rières] ajourné aux calendes grecques, avec la démission de M. de Larcy(3). Je n’ai pas le temps d’écrire à Soeur M.-Rose, les chaleurs m’épuisent et les visites ne discontinuent pas.
Adieu, ma fille. Mille fois vôtre.

