DERAEDT, Lettres, vol.9 , p. 403

Le programme de son voyage – Le noviciat est bien mieux qu’on ne me l’avait dépeint.

Ma bien chère fille,

Voici mes projets: 1° Arriver le 31; 2° Passer, comme je le pourrai, du 1er août au 15, que je compte célébrer à Auteuil; 3° Puis, si vous voulez la retraite, je la donnerai du 16 au 25, en prenant sur ces dix jours le temps qui vous accommodera. Le 25, à Poitiers. Le 2 sept[embre], au Congrès d’enseignement. Le 9, ou même le 8, retour à Nîmes, où, le 12, je prêche aux religieux. Le 23, je vais à la retraite pastorale(1). Après cela, prendrai-je un peu de repos au Vigan, ou irai-je sur le champ aux Moulins-à-vent(2)? C’est ma fatigue qui le décidera.

Voici deux lettres faites à l’avance. J’attendais de vous écrire pour vous les envoyer. Si vous trouvez la retraite mal placée du 16 au 25, écrivez-moi car peut-être alors irai-je passer mon temps ici, où la fraîcheur cette année surtout, est admirable.

Je trouve le noviciat bien mieux que quelques Frères, le P. Desaire surtout, ne me l’avaient dépeint. Ce pauvre P. Desaire n’est pas assez bienveillant. Cela lui nuira. Certes! nous avons tous nos défauts. Mais quand il y a effort à peu près unanime à se corriger, on ne peut que soutenir ceux qui luttent loyalement contre eux-mêmes, joyeux qu’ils sont de servir Dieu en faisant bon marché de leur personnalité. Eh bien, voilà ce que je trouve. Et cela, je le préfère à un peu plus ou un peu moins de philosophie vaniteuse et idolâtre de ses propres caprices. Je tiens à vous dire cela, parce que, sur les rapports qu’on m’avait faits, je craignais d’envoyer ici des hommes un peu bien, et qu’après tout pourtant si des hommes comme M. Durand s’y trouvent parfaitement(3), même pour l’intelligence, on se console des critiques de ceux qui s’adorent perpétuellement.

Adieu, ma chère fille. Bien tendrement vôtre en Notre-Seigneur.