Ma chère fille,
J’ai vu Soeur M. de l’Incarnation, qui n’est arrivée que ce matin. Les deux converses ne sont pas encore là, l’évêque n’arrivera qu’à 2 heures. Je vais embarquer les Oblates avec le P. Galabert et un Frère convers, jardinier(2). Quelque plaisir que j’eusse eu à vous voir, j’aurais eu du chagrin à vous voir quitter Paris. L’avenir est trop sombre, mais il est nécessairement un peu comme le temps: hier pluie affreuse, aujourd’hui temps superbe, mer magnifique.
Le P. Picard dit se trouver à merveille d’Arcachon, a pour le moment horreur de Nîmes et de Nice, prétend qu’il n’est nulle part aussi bien qu’à Paris. Je vous félicite de la nomination de M. d’Hulst(3): il peut se convertir, mais sa conversion aux saines idées est nécessaire. Le g[énér]al Espivent va casser le conseil municipal de Marseille et prépare une Commission municipale honnête.
Les Soeurs s’embarqueront à 9 heures, partiront à 10(4). Je tâcherai, moi aussi, de partir à 10 h. pour Nîmes. Adieu, ma fille. Si mes plans se réalisent, je passerai février, mars et avril à Paris, ou du 15 février au 15 mai. J’aurai le temps et la joie de vous voir.
Mille fois vôtre en Notre-Seigneur.
E.D’ALZON.
P.-S. Mgr Vitte est arrivé, les deux converses aussi. Si le temps continue, il sera magnifique pour leur départ. Envoyez des nouvelles.

