Mon cher ami,
Je vous remercie de vos observations, mais je ne me suis pas bien fait comprendre. Je tiens à indiquer des points à traiter plutôt qu’à les résoudre moi-même. Je laisse voir ma pensée, sans trop l’imposer. Si l’on tient à ce que je parle plus carrément, ce sera facile. Ainsi, je crois qu’en général il ne faudra pas ordonner avant 27 ans; toutefois, les moins capables pourront l’être à 24 ans.
Songez que nous n’avons en ce moment que très peu d’étudiants et que les études régulières ne pourront commencer que dans 18 mois. En attendant, M. Gilly donne des leçons d’Ecriture-Sainte, moi de théologie mystique, le P. Laurent de philosophie et de théologie, le P. Alexis des leçons particulières. Il me semble que nous faisons assez travailler, mais il faut attendre le plan définitif du P. Laurent(1).
Quant au Tiers-Ordre, vous allez recevoir un second travail, et puis une petite pancarte sur le but de la Congrégation(2). Le P. Laurent en a manqué l’impression; mais quand ce sera approuvé, nous la ferons imprimer proprement, si besoin est. Je vous enverrai encore quelque chose que le P. Laurent imprime, non sur le plan des études, mais sur l’esprit de nos études. Ce sera une circulaire de près de 8 pages(3). Vous aurez mon discours de la distribution des prix, où je développerai certaines idées sur les études que je crois mûres(4). Le P. Emmanuel m’a indiqué certains points comme matière de circulaires, indiquez-m’en de votre côté. Je voudrais en faire une sur l’oraison, mais ce sont des choses qui, après avoir été ruminées, doivent sortir tout d’une pièce de mon cerveau(5). Ainsi, ce que je dis sur la dévotion au Saint-Sacrement dans la petite pancarte ci-jointe se trouvera commenté dans 12 ou 15 méditations sur l’eucharistie; ce que je dis sur la Sainte Vierge, dans mon mois de Marie. Mais ceci sera imprimé et ne peut être matière à circulaire(6).
Vous voulez que j’aille à Lamalou, mais Combal comprend lui-même que je ne puis m’absenter pour le moment. Assez pour ce soir. Baragnon a déjeûné chez moi et a mis de l’eau dans son vin.
Croyez, cher ami, que je vous aime bien.
E.D’ALZON.
Ne le répandez pas trop, mais je suis consterné du profil de mon évêque. J’ai peur qu’il ne tourne au Mauge[r](7). L’abbé de Cabrières a un succès phénoménal de sainteté, on commence à lui apporter des malades. Le 23, j’arrive à Paray.

