DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 277

Une carrière à asseoir au Vigan.

DR10_277
5064
DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 277
Orig.ms. ACR, AL 54; D’A., T.D.34, n.53, p.183.

Nîmes, le 16 juillet 1874.
16 jul 1874
Nîmes
Evêché|de Nîmes

Mon cher ami,

Vous souvenez-vous d’avoir vu à l’Assomption Ernest Arnal du Curel? Ce garçon, assez peu intelligent, paraît avoir pris goût à la patrouine(1); il plaide au Vigan, y a quelque fortune, n’en veut pas sortir. Sa mère voudrait en faire un substitut, mais au Vigan, pas plus loin. Le Vigan est son nec plus ultra. Ne pouvez-vous pas donner de l’avancement au substitut actuel qui s’appelle Privat? Le premier besoin qu’éprouve un substitut nommé au Vigan est celui d’en sortir. L’éternel besoin d’Arnal du Curel, avocat, petit-fils d’avoué, fils d’un conservateur d’hypothèques, sera de n’en pas bouger. Les châtaigniers du Vigan, l’eau du Vigan, les montagnes du Vigan, les prairies du Vigan où les bêtes paissent si bien! Vous tiendrez compte de cela, du mérite d’Arnal, de sa modestie, vous le nommerez substitut au Vigan.

Je ne vous parle pas politique. Peut-être si vous m’aviez demandé conseil, aujourd’hui je ne pourrais rien vous demander. Ainsi silence là-dessus. Je ne dis que ce que je pense, et là où je suis sûr de pouvoir beaucoup dire, c’est en vous assurant que je vous aime bien fort.

1. La plaidoirie, la chicane ?