DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 312

Un beau et grand caractère.

Mon bien cher ami(1),

La mort de mon vieil ami M. Eyssette me cause une profonde douleur. C’était un de ces hommes d’énergie chrétienne, chez qui l’humilité formait la base d’un beau et grand caractère. J’ai vu de lui des traits de dévouement modeste qui seront ma perpétuelle édification. Nîmes lui sera toujours reconnaissant de son administration(2), et ce n’est pas ma faute si on ne l’y a pas revu avec la robe rouge de conseiller. A son insu, je sollicitai de M. de Royer, alors garde des sceaux(3), une audience où je réclamai pour votre oncle le poste si bien mérité par lui. Hélas! il était trop intègre pour l’époque; on préféra quelque Teissonière.

Bien tendrement à vous.