Osez, ma bien chère fille, osez m’offrir vos voeux pour ma fête, pour ma quarantaine, pour l’an prochain, pour mon entrée dans l’éternité, car il faut toujours finir par là. A vous, chère enfant, je souhaite la patience, puis la patience, et, au-dessus de tout, la patience. Patientia autem opus perfectum habet(1).
Veuillez dire à cette bonne Henriette(2) combien je prends part à sa douleur. Je plains du fond de l’âme les siens si affreusement éprouvés. Ah! ma fille, c’est la vie. Ce matin, dans une promenade d’une demi-heure, en rentrant nous sommes passés devant une ferme de vos Soeurs. On a appelé le P. Picard; il a pu donner une dernière absolution au fermier, qui mourait à trente-sept ans, laissant une vieille mère, quatre enfants et la misère pour héritage. Qu’il faut prier pour que Dieu ne nous traite pas trop rudement!
Adieu et bien à vous en N.-S.

