DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 367

La patience et, au-dessus de tout, la patience – La mort.

DR10_367
5171
DERAEDT, Lettres, vol.10 , p. 367
Orig.ms. ACR, AL 297; D’A., T.D.36, n.10, p.47.

Nice, 26 décembre [18]74.
26 dec 1874
Nice
*Soeur Jeanne-Emmanuel, prieuré de l’Assomption.*

Osez, ma bien chère fille, osez m’offrir vos voeux pour ma fête, pour ma quarantaine, pour l’an prochain, pour mon entrée dans l’éternité, car il faut toujours finir par là. A vous, chère enfant, je souhaite la patience, puis la patience, et, au-dessus de tout, la patience. Patientia autem opus perfectum habet(1).

Veuillez dire à cette bonne Henriette(2) combien je prends part à sa douleur. Je plains du fond de l’âme les siens si affreusement éprouvés. Ah! ma fille, c’est la vie. Ce matin, dans une promenade d’une demi-heure, en rentrant nous sommes passés devant une ferme de vos Soeurs. On a appelé le P. Picard; il a pu donner une dernière absolution au fermier, qui mourait à trente-sept ans, laissant une vieille mère, quatre enfants et la misère pour héritage. Qu’il faut prier pour que Dieu ne nous traite pas trop rudement!

Adieu et bien à vous en N.-S.

1. Jc 1, 4. 2. Pourrait être Sr Marie-Henriette Magne, originaire de Nîmes, parente ou même soeur (elle est née en 1842) de Louis Magne, décédé le mois précédent, à l’âge de 29 ans en laissant deux orphelins (v. *Lettre* 5135).