Eh! oui, ma bien chère fille, j’ai été pendant quinze jours tout grippé, névralgifié, fatigué, et cela a mis du désordre dans toutes mes affaires. Le jubilé n’est pas une circonstance atténuante de mon silence. Je suis peu en train encore et, jusques à aujourd’hui, je ne suis pas allé, par précaution, à une seule procession. Selon toute apparence, j’irai en mai à Paris. Peut-être pourtant attendrai-je la pose de la première pierre de l’église du Sacré-Coeur(1), mais ce n’est point sûr.
Figurez-vous que j’ai dîné avec votre illustre évêque. Je l’ai salué, il m’a salué, nous ne nous sommes rien dit(2). Il venait de passer quelque temps près d’Hyères; il avait à voir ici une protestante quelconque; enfin, il est parti.
Je prie Dieu de vous éclairer pour vos deux ménages à pacifier.
Je vous écris au Gué-Robert. Si vous en êtes partie, ma lettre vous poursuivra à Paris. Sanctifiez-vous-y, priez beaucoup pour l’Eglise, demandez à Notre-Seigneur de vous donner de l’ardeur pour les âmes, offrez quelques pénitences à l’intention de convertir quelques pécheurs, pour lesquels personne ne prie; exercez-vous à beaucoup aimer Jésus crucifié et aimez à souffrir pour lui.
Au revoir, je l’espère, mais écrivez auparavant. Votre père.

