DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 336

La neige et ses conséquences – Je pense beaucoup à la Russie.

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DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 336
Orig.ms. ACR, AI 307; D’A., T.D. 31, n. 305, p. 260.

Lavagnac, samedi 15 janvier [18]76.
15 jan 1876
Lavagnac

Cher ami,

J’espère bien partir lundi. Ma chi lo sa? Jeudi matin, j’avais fait tous mes préparatifs. La veille, la voiture avait pu marcher; jeudi matin, impossible. Jean proposa de me faire conduire en charrette. Mais il faisait une bise! Se ravisant, il m’offrit un tombereau. Le tombereau fut accepté, mais paff! le train qui avait marché la veille ne marchait plus. Le chef de gare se chauffait les pieds. Pourtant le train remarche. A l’instant j’entends le sifflet. Mais hier soir, le cocher a déclaré qu’il ne se sentait pas [capable] de conduire une voiture dans une neige fondante, de plus d’un pied de hauteur. Le vent du Midi souffle. Si cela dure, lundi on pourra tenter. Depuis dix jours, nous n’avons reçu qu’une fois le courrier, arrivé mercredi, porté à Lavagnac jeudi. Je voudrais bien pourtant, mardi, dire la messe dans la grande chapelle pour la chaire(1) de saint Pierre à Rome. Enfin, vous verrez et nous verrons. Je ne sais si c’est à cause de la neige, mais je pense beaucoup à la Russie.

Adieu, cher. Totus tibi.

E.D’ALZON.

On va porter cette lettre en traîneau. Mettez les lettres ci-jointes sous enveloppe.

1. Et non la *chaîne* (T.D.).