DERAEDT, Lettres, vol.11 , p. 337

La neige – A lundi sans doute – Vos enfants – Augustine.

Ma chère Marie,

Si vous vous persuadez que je ne vous écrirai pas, quand j’ai la chance que mes lettres vous arrivent, vous vous trompez. Les provisions touchent à leur terme. Heureusement le cocher de mon neveu est savoyard; il a fabriqué un traîneau, il va aller en traîneau chercher des comestibles. Voici pourquoi je vous écris. Mardi est la fête de la chaire de saint Pierre, je voudrais que les enfants(1) pussent communier ce jour-là. Si, comme je le pense, j’arrive lundi à midi(2), j’irai les confesser, et, dans la journée du lendemain, je leur ferai une instruction. Engagez-les à se tenir prêtes. J’envoie un petit bonjour à Augustine pour qu’elle croie, ce qui est, que je tiens bien à elle. Cette petite ne se figure pas combien je lui suis attaché. Tâchez de le lui persuader.

Adieu, mon enfant. Il me tarde bien de vous revoir. Mille choses à nos filles.

E.D’ALZON.

Madame la supérieure des Oblates.