Cher ami,
Vous êtes au frais(1), nous dans d’atroces chaleurs. Les détails que vous nous donnez sont des plus consolants. Dieu les bénisse et ceux qui suivront! Je ne puis approuver l’idée de mettre aux Châteaux autre chose que 30 enfants. Voyez la contradiction. Ne faut-il pas les nourrir? Avec quoi? Je préférerais de beaucoup 30 enfants qui resteraient moins de temps aux Châteaux et un alumnat d’humanités à Clairmarais: l’un au Midi (au Vigan), l’autre au Nord (Clairmarais); plus tard, quelque chose à Lyon ou dans l’Auvergne. Alors nous aurions toute notre dilatation. Mais qu’il faut prier!
A ce propos, faites faire une neuvaine pour M. Bournisien(2), qui est si bon pour nous et qui est bien malade. Mille tendresses à Allemand(3) et à sa moitié. Faites-moi le plan du chalet de Manon. Les dames de l’Assomption y viendront peut-être l’an prochain; elles en feraient les réparations, mais il faut tout prévoir d’avance.
Je suis heureux des succès de nos alumnistes à Moûtiers, cela ne peut que faire un bon effet. Voyez s’il serait opportun que vous conduisiez vous-même les enfants qui doivent aller au Vigan. Je crois que Gaston Brès, qui connaît le chemin, pourrait suffire. Mlle Lemaître voudrait faire, paraît-il, construire le chalet projeté dans l’ancien jardin, au bas de la tour foudroyée. Si on en parle, favorisez la chose.
Adieu, cher ami. Reposez-vous encore, vous en avez besoin.

