Mon cher ami,
Je vous félicite de votre nouvelle recrue(1) et je demande à Dieu que les prévisions du P. Augustin(2) ne se vérifient pas pour lui. Voilà une ardente postulante pour Auteuil, venue de Montpellier. Evidemment on en aura beaucoup, si on s’en occupe. Elles sont bien installées. Il s’agit d’avoir des maîtresses capables. Je commence, ce soir, la retraite au collège. Ce sera le moyen d’avoir une bourse de plus pour un an(3). A ce sujet, le P. Hippolyte devrait se rappeler qu’on doit alimenter la caisse générale au commencement de novembre. J’ai fait un peu de peine au P. Galabert en exigeant que l’on séparât les garçons des filles. Il a pourtant fini par s’exécuter.
La maison de Nîmes a bon esprit, et notre Comité catholique marche bien. Je vois tant d’évêques qui vont aller à Rome pour le cinquantenaire de l’épiscopat de Pie IX(4), que je ne sais si vous ne ferez pas une affaire en y conduisant un pèlerinage. Je vous engage à y réfléchir à deux fois. Tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle casse. Que dit-on à Paris de la mort d’Antonelli(5)?
Adieu, et tout vôtre en N.-S.
E.D’ALZON.
J’ai eu une explication très énergique et très calme avec l’évêque, à propos de l’Avent de la cathédrale qu’il confie à Chapot(6). Il a filé doux, mais je n’en resterai pas là.

