Cher ami,
Votre lettre a été reçue avec joie. Je dois une amende honorable au P. Picard. Après son départ, j’ai constaté:
1° L’influence des pèlerinages français sur l’Europe; entendez bien, sur l’Europe chrétienne;
2° L’influence morale de la France reconquise à Rome par ces mêmes pèlerinages;
3° L’espoir universel des catholiques de tous pays dans la mission de la France par sa vie catholique et par le comte de Chambord.
Voilà ce que je rapporte. A quoi ajoutez l’horreur croissante inspirée par l’Allemagne, la dislocation de l’Italie. Voilà!!!
Qu’est-ce que le comte Yvert allant partout, faisant tout? Peut-on le considérer comme un homme sérieux, à qui on puisse se fier?
Il est sûr que mon voyage à Rome a été pour moi très heureux et que j’en remercie du fond du coeur Notre-Seigneur. Je vous félicite de vos illuminations. Tout acte de foi extérieur, surtout quand Jésus-Christ s’y montre, purifie l’air, chasse les miasmes révolutionnaires, fait rugir le diable et confesse Celui qui nous confessera devant son Père. Avez-vous remarqué que le 16 juin est l’anniversaire de la création de Pie IX comme Pape?
Adieu. Faites bien et sanctifiez-vous.
E.D’ALZON.
Les chaleurs m’avaient écrasé. Avec des chaleurs aussi fortes, mais plus aérées, je revis.

